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Document de la formation en Education securitaire






REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE

Union – Discipline – Travail

 



 

 

 

 

 

 

 

 


SEMINAIRE DE FORMATION EN RADIOPROTECTION

 

 

 

 

 

 

 

Animateur

Boniface YAO -  Ingénieur Radiologiste/Spécialiste en Radioprotection médicale 

Enseignant à l’Institut National de Formation des Agents de Santé INFAS                                   18 BP 720 Abidjan 18 – Tel: 00225 40097740 Email : kwame_boniface@yahoo.fr

 

 


TABLE DES MATIERES

 

Introduction............................................................................................................................... 3

 

Objectifs..................................................................................................................................... 4

 

Définitions de termes techniques........................................................................................... 5

 

I. Généralités sur les rayonnements ionisants................................................................... 6

 

 1.  Bases  physiques.................................................................................................................. 6

 2. Grandeurs et unités internationales dans le domaine des rayonnements.................... 7

 3. Modes d’exposition aux rayonnements ionisants........................................................... 8

 4. Sources et niveaux d’exposition........................................................................................ 9

 

II. Le risque radiologique....................................................................................................... 11

 

 1. Effets biologiques d’une exposition.................................................................................. 11

 2. Conséquences d’une exposition sur la santé.................................................................... 15

 3. Quelques cas de lésions dues aux effets déterministes.................................................. 16

 

III.   La gestion du risque radiologique............................................................................... 17

 

 1. Démarche globale de prévention du risque...................................................................... 17

 2. La protection contre les rayonnements ionisants............................................................ 18

 3. Cadre réglementaire............................................................................................................. 28

 

IV. Conduite à tenir en cas d’incident ou d’accident........................................................ 32

 

  1. En cas de dispersion ou dissémination de substances radioactives............................ 33

  2. En cas d’exposition d’une personne ................................................................................ 33

  3. Mesures d’urgence.............................................................................................................. 34

 

Conclusion.................................................................................................................................. 35

Références.................................................................................................................................. 36

 

 


 

 

 

 

INTRODUCTION

 

La patiente conquête par l’homme de l’énergie sous ses différentes formes, lui donne sur la nature une puissance sans cesse accrue. Cependant, comme toute conquête, elle comporte ses dangers et ses victimes. L’exacte connaissance de ces dangers acquise au prix de dures expériences, réalisées à l’épreuve du feu, parfois mortelles, a été indispensable pour permettre le plein emploi des diverses énergies, avec une relative sécurité pour les utilisateurs.

Nouvelle venue dans la gamme des énergies domestiquées par l’homme, l’énergie nucléaire a bien vite montré elle aussi que sa manipulation comporte des risques sérieux.

L’exposition aux rayonnements ionisants en médecine représente plus de 90% de l’exposition artificielle de l’homme. Il y a donc obligation à prendre un certain nombre de précautions lors de l’utilisation de cette énergie, de manière à réduire, autant qu’il est possible de le faire, l’exposition tant individuelle que collective. La radioprotection constitue un volet essentiel de cette sécurité qui est tout aussi d’ordre technique que réglementaire.

 


 

 

OBJECTIFS DE LA FORMATION

 

  1. Rappeler les notions de base sur les rayonnements ionisants,

 

  1. Présenter les modes, sources et niveaux d’exposition naturelle et professionnelle

 

 

  1. Décrire les effets ainsi que les risques pour la santé dus à l’exposition aux rayonnements ionisants.

 

 

  1. Présenter les principes de prévention permettant, de réduire et de maîtriser ces expositions.

 

 

  1. Illustrer par des  cas concrets, la démarche de radioprotection.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


DEFINITION DES TERMES TECHNIQUES :

 

 

            Rayonnement directement ionisant

     Un rayonnement est dit « directement ionisant » lorsqu’il est constitué de particules électriquement chargées, d’énergie suffisante pour produire des ions (atomes porteurs de charges électriques) par interaction avec la matière.

 

Rayonnement  indirectement ionisant

     Un rayonnement est dit « indirectement ionisant » lorsqu’il est constitué de particules non chargées électriquement, dont l’énergie est suffisante pour produire, selon plusieurs types d’interactions, une ionisation de la matière.

 

Rayonnement primaire

     On parle de « rayonnement primaire », lorsqu’il s’agit d’un rayonnement émis spontanément par une source radioactive.

 

Rayonnement secondaire

     L’expression « rayonnement secondaire » est utilisée lorsqu’il s’agit de rayonnements résultant des interactions de rayonnements primaires avec la matière.

Par exemple : Rayonnement X secondaire, diffusé ou réfléchi par les obstacles (murs, sols ou plafonds)

 

Transition radioactive

     Une transition est une modification de l’état énergétique d’un noyau instable, soit par désintégration, soit par émission ou absorption d’un rayonnement

 

     Radioactivité :                                                                                    Capacité de certains corps à émettre des rayonnements  ionisants de façon spontanée.

 

     Radioélément : Elément chimique radioactif

 

 


I - Généralités sur les rayonnements ionisants 

 

  1. 1.      Bases  physiques

 

La radioactivité est un phénomène naturel lié à la structure de la matière. Tous les corps (gaz, liquides, solides) sont composés d’atomes. Certains de ces atomes sont instables et émettent des rayonnements.                                           

Il peut s’agir de :

 

     substances radioactives naturelles (uranium, radium, radon…),

 

     substances radioactives artificielles (californium, américium, plutonium…).

 

Ces atomes instables (radio - éléments) se transforment spontanément en perdant de l’énergie, et reviennent ainsi progressivement à un état stable. Ils émettent alors des particules, dont le flux constitue un rayonnement porteur d’énergie, spécifique du radio - élément qui l’émet.

Ces rayonnements sont dits ionisants car, par leur interaction avec la matière, ils peuvent l’ioniser c’est à dire lui enlever un ou plusieurs électrons. Le pouvoir d’ionisation d’un rayonnement dépend de sa nature (alpha, bêta, gamma, X, neutronique) et des énergies de chacune des émissions.

 

Tableau I : Les différents types de rayonnements ionisants et leurs                     

                    Caractéristiques

 

Type de rayonnement

Exemples d’émetteurs *

Nature

Spécificité

Pouvoir pénétrant **

Rayons

Alpha α

Américium 241
Plomb 210
Radon 222
Thorium 232
Uranium 235
Uranium 238

Particules constituées de 2 protons et 2 neutrons (charge électrique positive)

Directement ionisant

Faible pénétration
- parcourt quelques centimètres dans l’air
- arrêté par la couche cornée de la peau ou une feuille de papier

Rayons

Beta ß

Césium 137
Iridium 192
Phosphore 32
Soufre 35
Tritium (ou Hydrogène 3)

Electrons porteurs d’une charge électrique positive (positons ß+) ou négative (ß-)

Directement ionisant

Pénétration limitée
- parcourt quelques mètres dans l’air
- arrêté par une feuille d’aluminium ou par des matériaux de faible poids atomique (plexiglas, etc.)
- ne pénètre pas en profondeur dans l’organisme (pour une source située dans son environnement extérieur)

 Rayons Gamma γ

Césium 137
Iridium 192
Or 198
Technétium 99

Photons énergétiques

Indirectement ionisant

Pénétration importante
- parcourt quelques centaines de mètres dans l’air
- traverse les vêtements et le corps
- arrêté ou atténué par des écrans protecteurs (épaisseurs de béton, d’acier ou de plomb)

Rayons X

Générateur électrique de rayons X

Photons énergétiques

Indirectement ionisant

Pénétration importante
- parcourt quelques centaines de mètres dans l’air
- traverse les vêtements et le corps
- arrêté ou atténué par des écrans protecteurs (épaisseurs de béton, d’acier ou de plomb)

Neutronique

Couple Américium- Béryllium
Lors de la fission de l’Uranium 235
Accélérateurs de particules

Neutrons

Indirectement ionisant

Pénétration importante
- parcourt quelques centaines de mètres dans l’air
- traverse les vêtements et le corps
- arrêté par des écrans de paraffine

 

  1. 2.      Grandeurs et unités utilisées   dans le  domaine des rayonnements ionisants


Tableau II : Principales grandeurs et unités internationales

Notion / grandeur mesurée

Unité

Définition / caractéristique

Energie de rayonnement (E)

électronvolt (eV)

1 électronvolt = 1,6. 10-19 Joule

Activité d’un corps radioactif (A)

becquerel (Bq)

Nombre de transitions par seconde. Réduite de moitié au bout d’une période, du quart au bout de 2 périodes, etc..

Dose absorbée/un organisme vivant (D)

gray (Gy)

Energie absorbée par unité de masse.
Dose (Gy) = Energie (Joule) / Masse (kg)

Dose équivalente (Ht)

sievert (Sv)

Dose équivalente = Dose absorbée x facteur de pondération radiologique
(Wr),  (Wr) vaut 1 pour les rayons X, gamma et bêta, vaut 20 pour les rayons alpha, et est variable pour les neutrons (en fonction de leur énergie). En effet, à dose absorbée égale, les effets biologiques dépendent de la nature des rayonnements (α, ß, γ, X ou neutrons). La dose équivalente est dite « engagée » quand elle résulte de l’incorporation dans l’organisme de radioéléments jusqu’à l’élimination complète de ceux-ci, soit par élimination biologique, soit par décroissance physique.

Dose efficace (E)

sievert (Sv)

Somme des doses équivalentes pondérées délivrées aux différents tissus et organes du corps. La pondération correspond à l’application d’un facteur de pondération tissulaire (Wt) à la dose équivalente pour chaque organe.
Cette notion correspond à l’évaluation d’une dose corps entier.

3. Modes d’exposition aux rayonnements ionisants 

L’exposition aux rayonnements ionisants peut se faire selon trois modes :

 

3.1. Exposition Externe sans contact cutané

Pour une telle exposition, la source du rayonnement est extérieure à l’organisme. La source radioactive est située à distance de l’organisme (exposition globale ou localisée). L’irradiation est dans ce cas en rapport avec le pouvoir de pénétration dans le corps des divers rayonnements émis par la source. De ce fait, sont surtout à prendre en compte les rayonnements gamma, X et neutroniques. Les rayonnements ß n’entraînent pas d’irradiation en profondeur du corps humain. Les rayonnements α ne peuvent en aucun cas entraîner d’exposition externe.

 

3.2.  Exposition Externe par contact cutané 

Pour une exposition externe par contact cutané, il y a irradiation par dépôt sur la peau de corps radioactifs. Par rapport au cas précédent, le contact cutané avec un radioélément peut induire une exposition interne par pénétration du radioélément à travers la peau (altération cutanée, plaie, ou plus rarement à travers une peau saine).

3.3.  Exposition Interne

Pour une exposition interne, les substances radioactives ont pénétré dans l’organisme soit par inhalation (gaz, aérosols), par ingestion, par voie oculaire ou par voie percutanée (altération cutanée, plaie, ou plus rarement à travers une peau saine). Après pénétration dans l’organisme, l’exposition interne de l’organisme se poursuivra tant que la substance radioactive n’aura pas été éliminée naturellement par l’organisme et que celle ci continuera d’émettre des particules ionisantes.

Le mode d’exposition a énormément d’importance sur la nature et l’importance des effets recensés. Une exposition interne aux rayonnements ß sera ainsi plus nocive qu’une exposition externe.

La majorité des expositions d’origine professionnelle sont des expositions externes.

 

3.4. De quoi dépend  l’exposition reçue par l’organisme ?

Elle dépend de :

 

     la nature du rayonnement (activité et nature du radio-élément) ;

 

     la distance à la source : plus l’organisme est éloigné de la source d’exposition, moins la dose absorbée sera forte (varie en fonction inverse du carré de la distance) ;

 

     la durée de l’exposition ;

 

     l’épaisseur et la composition des écrans éventuels.


4. Sources et niveaux d’exposition

Il y a deux sources principales d’exposition :

 

4.1. Exposition naturelle

L’irradiation naturelle externe trouve son origine dans le rayonnement cosmique (résultant du choc de particules de haute énergie provenant du soleil et des étoiles avec les atomes de l’atmosphère) et le rayonnement tellurique (lié aux radioéléments présents dans la croûte terrestre).

L’exposition au rayonnement cosmique varie avec l’altitude (double tous les 1 500 mètres) et est en moyenne de 0,35 milliSieverts (mSv) par an.

L’exposition au rayonnement tellurique est surtout liée à la présence d’uranium et de thorium dans le sol.


4.2. Exposition professionnelle

Le secteur médical a été historiquement le premier à utiliser couramment des sources radioactives (radiothérapie, radiodiagnostic). Et aujourd’hui, de nombreuses techniques utilisant ce type de sources ont des applications industrielles et sont très répandues : radiographie, analyse et contrôle, jauges et traceurs, désinfection ou stérilisation par irradiation, conservation des aliments, chimie sous rayonnement, détection de masses métalliques dans les aéroports, etc..

 

L’exposition professionnelle aux rayonnements ionisants peut se produire dans les cas suivants :

 

     localisation des lieux de travail (altitude pour le rayonnement cosmique, teneur dans le sol en radioéléments pour le rayonnement tellurique) ;

 

     utilisation professionnelle de matières contenant naturellement des radioéléments (et utilisées pour d’autres propriétés que leur radioactivité)

 

     utilisation de sources de rayonnements ionisants (dans les conditions normales) ;

 

     travail en présence ou à proximité de sources de rayonnements ionisants ;

 

     accident ou incident, dont les principales causes sont des défaillances du matériel (fuites radioactives) ou un manque de formation des personnels utilisateurs du matériel. Selon les circonstances, cette exposition peut être externe ou interne (ingestion, inhalation ou pénétration par contact de substances radioactives).

 

 


 

Figure1 : Répartition des doses selon l’origine des irradiations

 

 

 

 

Figure 2 : Répartition des doses selon le type d’exposition

 


Tableau III : Ordres de grandeurs de niveaux d’exposition couramment    

                     rencontrés, en milieu professionnel.

 

           Niveau d’exposition

Nature de l’exposition

 

 

 

 

 

Doses efficaces
(en milliSievert)

0,02 mSv

Radio pulmonaire de face (exposition du patient)

0,04 mSv

Trajet Paris-New-York en avion

1 mSv

Irradiation médicale moyenne de la population générale en France (dose estimée par an et par personne)

2 mSv

Irradiation cosmique du personnel navigant de l’aviation (dose estimée par an et par personne)

2,4 mSv

Irradiation naturelle moyenne de la population générale en France (dose estimée par an et par personne)

 

D’après les données de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN, 2002) et, pour le personnel navigant, d’après l’United Nations Scientific Committee on the Effect of Atomic Radiation (UNSCEAR, 2000)

 

 

II. Le risque radiologique

1. Effets biologiques d’une exposition 

Le transfert d’énergie des rayonnements ionisants à la matière vivante est responsable dimportants effets biologiques dont l’ionisation des molécules.

Cette ionisation affecte les cellules des tissus ou des organes exposés, de sorte que les processus biologiques des cellules sont perturbés et ainsi,  les constituants chimiques de la cellule vivante ne peuvent plus jouer leur rôle.

 

1.1. Mécanisme d’action   

          Les rayonnements ionisants agissent sur la cellule selon deux mécanismes distincts ; l’un physique, l’autre chimique, qui se succèdent dans le temps. Dans les tissus vivants, les molécules les plus grosses sont les cibles privilégiées pour les rayonnements. Parmi elles, une molécule clé de la vie biologique, l’acide désoxyribonucléique (ADN).

 


 a). Les propriétés physiques des rayonnements ionisants

        Le mécanisme physique dit EFFET DIRECT constitue le phénomène initial immédiat : la radiation transfère son énergie à la cellule subissant l’exposition, par excitation et ionisation. Ce dépôt d’énergie, même très faible en valeur absolue, provoque cependant des dommages biologiques importants.                    

        Cette disproportion est due au second phénomène qui succède très rapidement au premier.

 

b).  Les propriétés chimiques des rayonnements ionisants

       Le mécanisme chimique, dit EFFET INDIRECT, est consécutif à l’abondance d’eau dans les milieux biologiques. (Plus de 60% de la matière vivante).

       Cette eau est décomposée par les rayonnements ionisants. C’est le phénomène de radiolyse, qui provoque l’apparition dans le milieu, de radicaux libres, éléments possédant une très grande réactivité du fait de leur électron célibataire. Il y a dès lors création de radicaux libres, toxiques cellulaires que sont :

-         l’hydrogène, qui entrave la respiration cellulaire et

-          l’eau oxygénée, molécule particulièrement agressive pour la membrane cellulaire de l’ADN.



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Figure 3 :   Schéma du phénomène d’ionisation d’une cellule biologique  

 

Un système de réparation enzymatique dans la cellule permet de réparer rapidement les lésions de premier type (ruptures simples brins). Dans les autres cas, la réparation peut être incomplète.

Ces lésions d’ADN, mal réparées, peuvent, dans certains cas, empêcher la reproduction cellulaire ou entraîner la mort de la cellule. Cette mortalité cellulaire est liée à l’importance de l’irradiation : le nombre de cellules tuées est directement proportionnel à la dose reçue par la matière vivante.

 

 

L’importance et la nature des lésions cellulaires, pour une même dose d’exposition, dépend des facteurs suivants :

 

-         mode d’exposition (externe ou interne) ;

-         nature des rayonnements ;

-         débit de la dose reçue (une même dose reçue en peu de temps est bien plus nocive que si elle est étalée dans le temps) ;

-         certains facteurs chimiques ou physiques influant sur la sensibilité cellulaire (température, présence de certaines substances chimiques tels l’oxygène) ;

-         type des cellules exposées : les cellules qui ont un potentiel de multiplication important (dites « indifférenciées », telles les cellules de la moelle osseuse) sont d’autant plus « radiosensibles ».

 

            Par prudence, on considère que toute dose, aussi faible soit-elle, peut entraîner un risque accru de cancer. C’est l’hypothèse « d’absence de seuil ».

            Ces différentes propriétés des rayonnements ionisants sont responsables de plusieurs effets biologiques qui se classifient en deux principaux groupes :

-         les effets déterministes, non aléatoires ou effets à seuil

-         les effets aléatoires ou stochastiques

 

1.2. Les effets des rayonnements ionisants

 

a). les effets à court terme ou Effets déterministes

A partir d’un certain seuil d’irradiation, apparaissent des effets pathologiques directement liés aux lésions cellulaires : ce sont les effets déterministes.        

On distingue les effets liés à une irradiation partielle ou globale.

Les tissus les plus sensibles en cas d’irradiation sont les tissus reproducteurs, les tissus impliqués dans la formation des cellules sanguines (rate, moelle osseuse…), le cristallin de l’œil, la peau.   

Une irradiation locale cutanée peut entraîner par exemple, selon les doses, un érythème, une ulcération ou une nécrose.

En cas d’irradiation globale du corps humain, le pronostic vital est lié à l’importance de l’atteinte des tissus les plus radiosensibles (moelle osseuse, tube digestif). Pour des rayonnements gamma ou X, à partir de 4,5 Grays (Gy), la moitié des accidents par irradiation, en l’absence de traitement, sont mortels.

Les effets déterministes, pour une exposition à des rayonnements gamma ou X, apparaissent à partir d’une dose d’irradiation de 0,15 Grays (Gy).


Tableau IV: Description des  Effets déterministes pour des expositions à des 

                     rayonnements gamma ou X à gamma ou X

                                                                                                                                      

Effets déterministes recensés

Dose d’irradiation

Stérilité masculine temporaire

à partir de 0,15 Gy

Diminution temporaire des leucocytes (famille de globules blancs)

de 0,2 à 1 Gy

Nausée, asthénie
Modification de la formule sanguine
Effet immunodépresseur (risques d’infections)
Sous surveillance médicale, le retour à la normale
se produit rapidement.

de 1 à 2 Gy

Risque de stérilité féminine

à partir de 2,5 Gy

Stérilité masculine définitive

de 3,5 à 6 Gy

Aplasie (arrêt ou insuffisance du développement d’un tissu ou d’un organe).
En l’absence de traitement, au moins la moitié des personnes irradiées meurent et il existe des risques de séquelles.

à partir de 4,5 Gy

Atteinte oculaire (survenue possible de cataracte de 1 à 10 ans après l’irradiation)

à partir de 5 Gy

Atteinte gastro-intestinale

6 Gy

Atteinte pulmonaire

8 Gy

Coma, mort cérébrale
Mort inévitable

au delà de 10 Gy

 

b).  Effets aléatoires (ou stochastiques)

Ces effets peuvent survenir de façon aléatoire au sein d’une population ayant subi une exposition identique et sans qu’un seuil n’ait pu être vraiment défini. Ce sont les cancers et les anomalies génétiques (mutations).

Les causes de variation de la mortalité spontanée par cancer ne sont pas toujours faciles à mettre en évidence.

 

 


2. Conséquences d’une exposition sur la santé

Les études épidémiologiques portant sur des enfants traités par radiothérapie ont mis en évidence une augmentation de risque de cancer thyroïdien à partir d’une dose équivalente de 100 milliSieverts (mSv) (la thyroïde de l’enfant est très radiosensible). Après l’accident de Tchernobyl en 1984, la surveillance de la population des territoires les plus contaminés a mis en évidence une augmentation importante des cancers thyroïdiens chez les personnes qui avaient moins de 18 ans lors de l’accident.
La surveillance des populations d’Hiroshima confirme une augmentation de risques de cancer à partir d’une dose d’exposition estimée à 200 mSv.

Le délai de survenue de la maladie est long : de 5 à 10 ans pour les leucémies, jusqu’à 50 ans pour les autres cancers.

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Figure 4 : Effets biologiques stochastiques des rayons x  

 

 


3. Quelques cas de lésions dues à une irradiation intense

 

 

 

 

Figure 5 : Effets déterministes des radiations ionisantes

 


III – La gestion du risque radiologique

  1. 1.     Démarche globale de Prévention du risque

La prévention doit être intégrée le plus en amont possible, en passant par des mesures d’organisation du travail, d’information et de formation

Quatre grands principes régissent toute démarche de prévention :

  • L’évaluation du risque,
  • L’élimination du risque (dans la mesure du possible),
  • La mise en place de protections collectives
  • La protection individuelle.

 

1.1. Evaluation des risques

Il est fondamental d’identifier dans un premier temps les risques inhérents à toute activité, ainsi que les événements ou les facteurs de risque qui peuvent conduire à la survenue de ces risques.

En matière de radioprotection, les risques sont :

 

     L’exposition externe à des rayonnements ionisants ;

 

     La  contamination externe ou interne par des substances radioactives ;

 

      en particulier : risque chimique (réactivité, corrosion, incendie, explosion) ;

 

      risques liés au poste de travail ;

 

      risques liés à l’organisation du travail.

 

Le danger radioactif est lié à la présence de sources radioactives (générateurs ou substances).

 

Le risque « rayonnements » étant invisible et impalpable, le repérage rigoureux des zones à risque d’exposition et des sources revêt une importance particulière.

 

1.2. Elimination de risque

La radioactivité naturelle, affectent de façon inéluctable, depuis toujours  le genre humain. En outre, les activités humaines sont de plus en plus à l’origine d’une irradiation supplémentaire dite irradiation artificielle, due au fait que l’homme fabrique et utilise les rayonnements ionisants. Toute chose qui rend impossible l’élimination  totale du risque radiologique. Ainsi les actions menées dans ce cadre visent à une limitation des effets des rayonnements.

Ce sont entre autres :

Les contrôles dosimétriques des postes de travail

Détermination de niveaux de référence diagnostiques

Utilisation de techniques non irradiantes

Fixation des limites de doses par la CIPR

Tableau VI : Limites d’exposition aux rayonnements ionisants,

Domaine d’application

Limite d'exposition corps entier (en dose efficace)

Public

1 mSv/an

Professionnel (travailleurs exposés)

Sur 12 mois consécutifs, 20 mSv/an

 

2. La protection contre les rayonnements ionisants 

2.1. La Radioprotection                                                                                      

La radioprotection est l'ensemble des règles, des procédures et des moyens de prévention et de surveillance visant à empêcher ou à réduire les effets nocifs des rayonnements ionisants produits sur les personnes directement ou indirectement, y compris par les atteintes portées à l'environnement (Autorité de sûreté nucléaire).

 

2.1.1. Doctrine de la radioprotection

Les principes fondamentaux de radioprotection sont issus de recommandations d’experts internationaux regroupés au sein de la Commission Internationale de Protection Radiologique. Ceux-ci ont défini ce que l’on appelle la « doctrine » de la radioprotection déterminant trois principes fondamentaux : 

 

     la justification : l’utilisation de rayonnements ionisants doit apporter un bénéfice par rapport au risque radiologique ;

 

     l’optimisation : maintenir les expositions ou les probabilités d’exposition aussi basses que raisonnablement possible, compte tenu des impératifs techniques et économiques (principe ALARA « as low as reasonably achievable ») ;

 

     la limitation des doses individuelles

 

L’exposition des individus (à l’exception des malades) fait l’objet de limitation de dose.

  • pour la population : 1 mSv/an corps entier (hors exposition naturelle)
  • pour les travailleurs :
    • 100 mSv sur 5 ans pour le corps entier
    • 500 mSv par an pour les extrémités
    • 150 mSv par an pour les yeux

 

Le respect des valeurs limites réglementaires permet de :

 

  • Exclure les effets déterministes, en maintenant les doses inférieures aux seuils connus (protection absolue) ;

 

  • Réduire les effets stochastiques pour lesquels il n’existe pas de seuil

 


2.2. Les mesures de protection individuelles

Utilisation d’écran  de protection

         - tablier ou chasubles plombés

         - gants plombés

         - cache thyroïdes plombés

         - lunettes plombées

         - protège gonades

         - paravents plombés

 

2.2.2. Protection du personnel :

La protection du personnel nécessite le respect des recommandations suivantes :

 

  •  Effectuer les actes de radiologie conventionnelle dans des postes équipés à cet effet :
    • parois et portes de nature et d’épaisseurs adaptées : entre 0.5 et 2.5 mm d’équivalent plomb en fonction de l’occupation des locaux adjacents
    • existence d’un paravent plombé dans le poste : 2 mm d’épaisseur de plomb, 2 m de haut et longueur adaptée à l’effectif des professionnels présents dans le poste
    • installation bénéficiant d’une surface minimum de 12 m2
    • signalisation de la présence de rayonnements X (panonceau, signal lumineux)

 

  •  Effectuer les examens portes fermées.

 

  •  Ne pas diriger le faisceau vers le pupitre de commande.

 

  • Se positionner, si possible, derrière le paravent plombé pendant la prise de cliché. Dans la négative, porter un tablier plombé adapté.

 

  •  Ne jamais tenir les cassettes pendant la prise des clichés.

 

  •  Ne jamais mettre les mains dans le faisceau primaire. Le risque majeur doit demeurer l’exposition due au rayonnement diffusé par le patient.

 

  •  Ne tenir les malades qu’exceptionnellement. Dans ce cas, porter tablier et gants plombés. Préférer toujours des moyens de contentions.

 

  •  Porter un dosimètre individuel et nominatif à la hauteur de la poitrine.

 

  • Dans le cas particulier de radiographies réalisées avec un appareil mobile, le personnel doit veiller à bien limiter le champ d’exposition, à porter un tablier plombé et à s’éloigner à au moins 2 m du malade en direction opposée à celle du faisceau.

2.2.3. Protection du malade :

 

  •  Vérifier systématiquement que l’examen est justifié par un médecin ;

 

  •  s’il s’agit d’une femme en état de procréer, vérifier impérativement que celle–ci ne soit pas enceinte. Dans l’affirmative, vérifier de nouveau la justification de l’examen. Dans ce cas, être alors particulièrement vigilant quant à l’optimisation de sa protection. Il est de toute façon toujours conseillé d’effectuer les examens radiologiques dans les dix premiers jours du cycle menstruel ;

 

  •  limiter le champ d’exposition à la surface utile à l’aide du diaphragme et de cônes localisateurs appropriés ;

 

  •  adapter les paramètres radiologiques à l’état et à l’épaisseur du patient ;

 

  •  choisir une énergie pour les photons s (kV) suffisante. Une énergie trop basse engendre des photons entièrement absorbés par le malade et donc inutiles dans la formation de l’image ;

 

  • diminuer l’épaisseur du patient si possible (auto compression ou dispositif ad hoc) ;

 

  •  veiller à la filtration du tube (2.5 mm d’aluminium de filtration totale minimum) ;

 

  • maintenir une distance foyer-détecteur au moins égale à 100 cm ;

 

  • si nécessaire, protéger les gonades à l’aide de protection plombée ;

 

  • ne pas refaire le cliché si l’information recherchée est contenue dans le cliché ;

 

  • signaler au responsable de l’installation tout problème constaté ;

 

Pour les examens radioscopiques, il faudra en plus veiller à :

 

  •  utiliser un courant de scopie le plus faible possible (2 mA ou moins) ;

 

  •  réduire le temps d’exposition au minimum indispensable ;

 

  •  utiliser la mémoire d’image si l’appareil en est équipé

 


2.2.4. Contrôle dosimétriques des personnes

 

  • Dosimétrie
    La dosimétrie consiste à mesurer les doses reçues par les personnes exposées, c’est à dire attribuer une valeur aux grandeurs telles que « dose équivalente » ou « dose efficace ». Elle permet de vérifier que les expositions restent, pour chaque travailleur exposé, de l'ordre de grandeur des doses prévisionnelles pour le poste de travail. Si ce n'était pas le cas, il faudrait identifier les expositions non maîtrisées et prendre les mesures nécessaires pour les éviter.

 

  • Contrôle de contamination 

A la fin d’un travail, en sortie d’une zone exposant à une contamination, une recherche de la contamination du personnel doit être effectuée systématiquement à l’aide de détecteurs (corps entier, main, pieds). Ces appareils mesurent le(s) rayonnement(s) émis par les substances radioactives déposées sur les vêtements ou le corps.

Si une contamination est mise en évidence, il est également indispensable de vérifier s’il y a eu ou non exposition interne. Et dans tous les cas, des mesures de décontamination doivent être mises en œuvre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Figure 6 : Contrôleur de contamination Main / Pied

 

 

2.2.5.     Contrôle des expositions externes

La mesure de l’exposition externe se fait à l’aide de dosimètres portés par les travailleurs. Plusieurs types sont disponibles. Dans tous les cas, le choix des dosimètres doit être adapté à la nature et à l’énergie des rayonnements présents sur le lieu de travail. Il en existe deux types : les dosimètres actifs (opérationnels) et les dosimètres passifs.                                            

  • Les  dosimètres actifs

 

            Ce  sont des dispositifs électroniques permettant de fournir une information immédiate sur la dose mesurée en temps réel. Cette information est enregistrable et perceptible par le détenteur du dosimètre. Ce sont en général des semi-conducteurs ou des chambres d’ionisation, avec une mémoire morte, un système intégré de lecture ou de télétransmission. Ils permettent le suivi et l’optimisation de l’exposition en temps réel.  Par ailleurs, ces dosimètres coûtent très chers et sont fragiles.

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Figure 7 : Dosimètre électronique opérationnel

 

  • Les dosimètres passifs

Ces dosimètres sont portés au niveau de la poitrine, puis développés en laboratoire spécialisés. Ils donnent une réponse différée avec des résultats de mesures obtenus après exploitation (lecture à l’aide d’un lecteur Harshaw).

 

Il existe trois types de dosimètres passifs utilisés pour la mesure des doses :

-         le dosimètre à luminescence stimulée optiquement (OSL),

-         le dosimètre radiophotoluminescent (RPL)

-         le dosimètre thermoluminescent (TLD)

 

Une étude réalisée par Pauron et Fazile [28] sur les  performances de ces dosimètres démontrent que le dosimètre OSL en moyenne surestime l’équivalent des doses totales à 12% par rapport au dosimètre TLD qui la sous estime à 20% ; seul le dosimètre RPL donne la valeur exacte des doses mesurées.              

Cependant le dosimètre TLD est plus fréquemment utilisé pour les mesures de la dose à la surface d’entrée (De) compte tenu de sa solidité et surtout  du coût d’acquisition abordable.

 

 

 

 

 












 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Figure 8 : le Dosimètre Thermo Luminescent  (en anglais TLD)

 

 

2.3. Mesures de protection collective

Des murs ordinaires ou des cloisons ne sont pas un obstacle à la propagation de certains rayonnements ionisants. De plus, ceux-ci peuvent être réfléchis et diffusés par les murs, sols ou plafonds.

La délimitation de zones, définies en fonction de l’exposition potentielle aux rayonnements ionisants, permet de hiérarchiser les niveaux de dangerosité des lieux de travail sur lesquels sont utilisées des sources de rayonnements ionisants.

Un arrêté (arrêté du 15 mai 2006) précise les conditions de délimitation de ces zones compte tenu de niveaux de référence correspondant à des doses délivrées en 1 heure, ainsi que les règles d’hygiène, de sécurité et d’entretien qui y sont imposées, ainsi que les règles d’accès et d’affichage.

 

 

2.3.1. Réglementation  des zones de travail

 

La réglementation française précise un certain nombre de règles concernant les zones de travail. Signalons notamment les points suivants :

 

     La délimitation de zones de travail autour de toute source de rayonnements ionisants est obligatoire. Cette délimitation peut être modifiée en cas de besoin, en fonction de résultats de contrôle, à la suite d’une modification de l’installation, ou après un incident ou un accident.

 

     Les conditions d’accès en zones réglementées sont nombreuses (formation, suivi dosimétrique…).

 

     L’accès à la zone contrôlée est réservé aux personnes qui ont reçu du chef d’établissement la notice rappelant les risques particuliers liés au poste occupé ou à l’intervention à effectuer, les règles de sécurité applicables et les instructions à suivre en cas de situation anormale.

 

     Les limites de la zone contrôlée ou de la zone surveillée sont correctement matérialisées et signalisées

 

     A l’intérieur des zones surveillées comme des zones contrôlées, les sources utilisées sont signalées

 

     L’affichage doit être remis à jour périodiquement : il rappelle notamment les risques d’exposition externe, et éventuellement interne, les consignes de travail adaptées à la nature de l’exposition et aux opérations envisagés

 

     A l’intérieur de la zone contrôlée, il peut y avoir des zones spécialement réglementées, soumises à d’autres règles d’accès, et des interdictions d’accès (par risque d’exposition croissant, zone jaune, zone orange et zone rouge).

 

     L’étiquetage des substances radioactives pendant leur transport est obligatoire.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Figure 9 : Exemple d’organisation des zones de travail en radioprotection

En matière de signalisation de santé et de sécurité, la réglementation définit des règles a minima (forme, couleur, dimension ou emplacement). C’est au chef d’établissement d’adapter ces règles à la réalité des situations de travail et des risques à signaler dans son entreprise. Quelques exemples couramment utilisés dans le domaine de la radioprotection sont donnés dans le tableau ci-après.

 

TableauVII : Signalisation du risque radioactif : pictogramme, panneaux etc.

Pictogramme d’avertissement

 

 

 


Matières radioactives / Radiations ionisantes

Panneaux de signalisation de zone
Ne sont donnés ici à titre d’exemple que 6 panneaux. En fonction de la nature du risque à signaler, les messages accompagnant le pictogramme, ainsi que les couleurs, peuvent être intervertis.*

 





Affichage réglementaire d’information
Protection des travailleurs contre les dangers des rayonnements ionisants

Cet affichage, remis à jour régulièrement, doit comporter notamment les consignes de travail et de sécurité adaptées à la nature de l’exposition et aux opérations envisagées. Des exemples existent et sont commercialisés par des entreprises de signalétique.

 


 2.3.2. Contrôle relatif à la  radioprotection  du lieu de travail: check-list

 

     La zone contrôlée est-elle bien définie et signalée (notamment dans les cas ou celle-ci est étendue ou temporaire) ?

 

     La diffusion des rayonnements à travers murs, plafonds, sols, et leurs réflexions sur ces obstacles ont-elles été correctement prises en compte ?

 

     Les salariés en sont-ils bien informés ?

 

     Dispose-t-on d’appareils de mesure de débit de dose dans les zones à risque et à proximité ? Sont-ils en bon état ? Sont-ils contrôlés régulièrement ?

 

     Quels sont les débits de dose aux abords immédiats de la zone contrôlée ? Aux abords de la zone contrôlée

 

     Existe-t-il une zone surveillée ou une zone publique ?

 

     Vérifie-t-on régulièrement l’inexistence de contamination des locaux de travail (surfaces, paillasses, air ambiant) ?

 

     Dispose-t-on du matériel pour le faire ?

 

     Comment les sources radioactives sont-elles manipulées, stockées et transportées ?

 

     Est-on correctement protégé pendant l’utilisation et hors utilisation ?

 

1.6. Contrôle des expositions

1.6.1. Contrôles d’ambiance et de contamination radioactive des locaux
Le contrôle de la radioactivité ambiante s’effectue :

-         par une surveillance des rayonnements (bêta, X, gamma, neutrons)

-         par une surveillance de la contamination, des lieux de travail (de l’air ou  des surfaces telles que sols, murs, plans de travail).

Pour chaque surveillance, des appareils adaptés aux mesures à effectuer sont utilisés. 

 

a). Surveillance des rayonnements   

Pour effectuer cette surveillance des rayonnements, il existe des appareils capables de mesurer l’ensemble des rayonnements (radiamètres) ;des appareils spécifiques à un type de rayonnements, pour certains cas particuliers , des balises d’alarme, visuelles ou sonores

 

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Figure 10 :   Radiamètre, appareil de contrôle d’ambiance

 

 

b). Surveillance des contaminations

Une instrumentation très variée est disponible sur le marché pour effectuer une surveillance de la contamination atmosphérique. Elle permet :

     soit la mesure en continu de la contamination ;

     soit la mesure par échantillonnage (suivi d’une analyse de l’échantillon) ;

     soit la simple détection d’une contamination.

 

  • Cas des contaminations de surfaces,

Il existe des détecteurs adaptés à chaque type de contamination. Ceux-ci doivent être mis à la disposition du personnel, notamment lorsqu’il utilise des sources non scellées.

Quand une contamination des lieux de travail a été mise en évidence, il existe une forte présomption de contamination du personnel. Il est alors indispensable de contrôler et de traiter cette contamination.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Figure 11 : Contaminamètre, appareil permettant de détecter une contamination de

                   surface (alpha, bêta, gamma)

 

 

3. Cadre réglementaire 

Notions générales

La réglementation concernant le monde du travail est destinée à prévenir des risques liés à l’utilisation de rayonnements ionisants en milieu professionnel. Elle porte notamment sur les différents points qui suivent :.

 

Responsabilité de l’employeur :

Elle concerne les mesures générales administratives et techniques permettant d’assurer la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles.


Respect des principes de radioprotection :

 Justification, optimisation et limitations des doses pour tous les travailleurs, et en particulier pour certaines catégories (notamment les femmes enceintes, avec interdiction d’exposition interne pour les femmes allaitant).


Evaluation des risques

 Elle se fait par l’analyse des postes de travail et, pour toute opération envisagée en « zone contrôlée », évaluation prévisionnelle des doses susceptibles d’être reçues par les travailleurs.




Désignation d’une « personne compétente » :

Elle assiste l’employeur dans l’organisation de la prévention et notamment en ce qui concerne l’analyse des risques et la délimitation des zones. Cette désignation est obligatoire dès lors que la présence, la manipulation, l’utilisation ou le stockage d’une source ou d’un générateur de rayonnement ionisant entraîne un risque d’exposition pour les salariés de l’établissement, des entreprises extérieurs ou des travailleurs non salariés intervenant dans l’établissement. Cette personne est désignée par l’employeur après une formation spécifique.


Définition de zones de travail :

Tout employeur détenteur d’une source de rayonnement doit délimiter des zones de travail, après évaluation des risques et avis de la personne compétente. La définition des zones doit être fondée sur une estimation théorique de la dose que recevrait un travailleur présent en permanence sur ce lieu de travail. Ces zones doivent être convenablement signalées.

 

Classement des travailleurs :

L’employeur, après avis du médecin du travail, doit classer le personnel selon son exposition professionnelle aux rayonnements ionisants. Ce classement est une aide à la détermination des conditions de surveillance radiologique et médicale.


Suivi des personnes potentiellement exposées :

-         Surveillance médicale prévoyant une attestation d’absence de contre-indication médicale aux travaux exposant aux rayonnements ionisants avant toute affectation.

-         Suivi dosimétrique individuel obligatoire et tenue à jour d’une fiche d’exposition.

 

Contrôles techniques de radioprotection,

Ils comprennent : un contrôle régulier des sources et appareils émetteurs de rayonnements ionisants, ainsi qu’un contrôle des dispositifs de protection et d’alarme, et des dispositifs de mesure. Ce contrôle régulier permet de vérifier le bon état technique du matériel et l’efficacité des mesures de protection.

 

Contrôles techniques d’ambiance :

Ils ont pour objectif la caractérisation de l’ambiance radiative des locaux de travail (débits de dose externe, concentration de l'activité dans l'air et contamination des surfaces).




Formation et information des travailleurs.

Tous les travailleurs intervenant en zone contrôlée ou surveillée doivent notamment recevoir une formation à la radioprotection. En outre, la manipulation de certains appareils est réservée à des personnes titulaires d’un certificat d’aptitude.

 

Traçabilité complète des matières radioactives :

 La réglementation prévoit un régime d’autorisation ou de déclaration, ainsi qu’une obligation de reprise des sources par le fournisseur.

 
Autorisation ou déclaration :

Les activités comportant un risque d’exposition des personnes aux rayonnements ionisants sont soumises à un régime d’autorisation ou de déclaration. Ce régime dépend de la finalité de l’application (médicale ou autre que médicale), et de l’activité concernée par cette demande (fabrication, distribution, utilisation).


Situation d’urgence radiologique :

Elle existe lorsqu’un événement (résultant d’un incident ou accident, d’un acte de malveillance ou en encore d’une contamination de l’environnement) risque d’entraîner une émission de matières radioactives ou un niveau de radioactivité susceptible de porter atteinte à la santé publique


Travailleur exposé : valeurs limites d’exposition et classement

La notion de « travailleur exposé », à la base du dispositif réglementaire concernant les travailleurs, est définie à l’annexe du décret français n° 2003-296 du 31 mars 2003 : « tout travailleur, salarié ou non, soumis dans le cadre de son activité professionnelle à une exposition aux rayonnements ionisants susceptible d’entraîner des doses supérieures à l’un quelconque des niveaux de doses égaux aux limites de dose fixées pour les personnes du public ».

 

L’exposition « environnementale » de la population générale, du fait des activités humaines impliquant la radioactivité, ne doit pas dépasser la dose efficace de 1 milliSievert par an (mSv/an), ou des doses équivalentes de 15 mSv/an au cristallin et de 50 mSv/an en valeur moyenne pour tout cm2 de peau exposé (doses fixées pour les personnes du public aux termes des articles R. 1333-8 et R. 1333-9 du Code de la Santé publique).

 


Limites d’exposition

En application du principe de limitation des doses, des valeurs limites réglementaires sont établies pour les travailleurs exposés aux rayonnements ionisants (articles R. 231-76 et R. 231-77 du Code du Travail). Dans toutes les circonstances (hormis les situations d’urgence et les expositions durables), ces valeurs « absolues » sont des limites à ne pas dépasser : leur respect impératif est apprécié au vu des doses effectivement reçues par chaque travailleur.

 

Lorsqu’un travailleur a subi une exposition qui dépasse les limites réglementaires, l’employeur, appuyé par la personne compétente et le médecin du travail, doit immédiatement faire cesser l’exposition et appliquer l’ensemble des règles de gestion prévues par le Code du Travail.

 

Classement
Les travailleurs exposés sont classés en deux catégories (articles R. 4453-1 à R.4453-3 du Code du Travail), selon leurs conditions normales de travail :

     Catégorie A : exposition susceptible de dépasser les 3/10 de la limite admissible sur 12 mois consécutifs.

     Catégorie B : « travailleurs exposés » ne rentrant pas dans la catégorie A.

C’est l’exposition prévisionnelle qui est prise en compte pour établir ce classement. Les valeurs d’exposition de base figurant dans le tableau ci-dessous ne doivent pas être confondues avec les valeurs limites absolues du paragraphe précédent.

 

Le classement d’un travailleur peut être reconsidéré au vu des résultats de son suivi dosimétrique, en conditions normales de travail.

 

Tableau VIII : Valeurs susceptibles d’être atteintes en situation normale de travail, en fonction du classement des travailleurs (sur 12 mois consécutifs, en milliSievert) 

Catégories des Travailleurs exposés

Corps entier
(dose efficace)

Mains, avant bras, pieds, cheville
(dose équivalente)

Peau
(dose équivalente sur tout cm2)

Cristallin
(dose équivalente)

Travailleurs exposés de catégorie A

supérieure à 6 mSv

supérieure à 150 mSv

supérieure à 150 mSv

supérieure à 45 mSv

Travailleurs exposés de catégorie B

6 mSv au plus
(et dépassant 1mSv, pour être considéré comme « travailleur exposé»)

150 mSv au plus

150 mSv au plus
(et dépassant 50 mSv/an pour être considéré comme « travailleur exposé»)

45 mSv au plus
(et dépassant 15 mSv/an pour être considéré comme « travailleur exposé»)

Les femmes enceintes et les jeunes de 16 à 18 ans ne peuvent être affectés à des travaux qui requièrent un classement en catégorie A.

 


     Femmes enceintes ou allaitant

Les travailleurs exposés sont informés des effets des rayonnements ionisants sur la santé, et notamment des effets néfastes sur l’embryon.
L’objectif de cette information est de sensibiliser les femmes quant à la nécessité de déclarer leur état de grossesse le plus tôt possible, et de porter à leur connaissance les mesures d’affectation temporaire à étudier avec le médecin du travail et les dispositions légales prises pour leur protection (article D. 4152-4 du Code du Travail).

Selon l’article D. 4152-5 du Code du Travail, l’exposition de l’enfant à naître doit être la plus faible possible. Dans tous les cas, elle ne doit pas atteindre 1 milliSievert (mSv) pour la période située entre la déclaration de grossesse et l’accouchement.

 

     Dispositions particulières à certaines catégories de travailleurs

Les femmes enceintes ne peuvent pas être affectées à des postes impliquant un classement en catégorie A (travailleurs dont l’exposition peut dépasser, dans les conditions de travail normal, les 3/10 de la limite admissible annuelle). 
Rappelons aussi que les femmes allaitant ne peuvent pas être maintenues à un poste où il y a un risque d’exposition interne.

 

     Jeunes travailleurs

Il  est interdit d’employer les jeunes travailleurs âgés de moins de 18 ans à des travaux où il existe un risque d’exposition aux rayonnements ionisants, et même de les admettre de manière habituelle dans des locaux affectés à ces travaux. Il existe toutefois une possibilité de dérogation en cas d’occupation à des travaux exposant aux rayonnements ionisants dans le cadre d’une formation professionnelle, sous réserve de respecter des limites d’exposition spécifiques (articles D. 4153-33, D. 4153-34 et D. 4153-42 du Code du Travail).

 

IV- Conduite à tenir en cas d’incident ou d’accident

 

Ce chapitre traite uniquement des premiers réflexes à avoir au poste de travail quand une situation incidentelle ou accidentelle survient.

 

Rappelons que :

Tout travailleur doit être informé des risques encourus au poste de travail, et en particulier des instructions à suivre en cas de situation anormale (notice de poste l’employeur).

La formation des travailleurs doit être renouvelée tous les 3 ans : elle porte notamment sur les conduites à tenir en cas de situation anormale.

 

 

Une notice, rappelant les risques particuliers liés au poste occupé ou à l’intervention à effectuer, les règles de sécurité applicables et les instructions à suivre en cas de situation anormale, doit être remise à toute personne amenée à intervenir en zone contrôlée.


A l’intérieur des zones surveillées comme des zones contrôlées, un affichage rappelle notamment les risques d’exposition externe et éventuellement interne, les consignes de travail adaptées à la nature de l’exposition et aux opérations envisagées.

 

Un travail en amont d’identification des risques peut se baser sur l’utilisation de la base de données RELIR «retour d’expérience sur les incidents radiologiques», qui propose des exemples pratiques d’incidents avec les leçons à en tirer.

 

  1. 1.      Cas de dispersion ou dissémination de substances radioactives

 

  • Signes d’alerte

Vous pouvez être alerté d’une telle situation par les évènements suivants :

 

-         un contrôle de contamination a été effectué et met en évidence une dispersion après manipulation ;

-         une erreur de manipulation est survenue (ce qui implique la recherche de contamination) ;

-         l’alarme d’un dosimètre opérationnel, d’une balise ou d’un contrôleur d’ambiance s’est déclenchée.

 

  • Témoin : conduite à tenir

Le témoin d’une dispersion ou d’une dissémination de substance radioactive (personne non exposée à la contamination) doit :

Alerter la hiérarchie, la personne compétente et le médecin du travail


En cas d’intervention sur les lieux de la contamination, prendre les mesures destinées à empêcher ou limiter sa propre exposition (interne et externe).

 

  1. 2.      Cas d’exposition d’une Personne à une contamination :

 

  • conduite à tenir

Vérifier la réalité de la contamination et de la dispersion dans la zone de travail, et la réalité de sa propre contamination (vêtements et parties du corps susceptibles d’être contaminées) à l’aide d’un détecteur de contamination.

 

S’il y a confirmation de la contamination :

Dans tous les cas, prévenir la personne compétente et le médecin du travail

 

Dans l’attente de l’intervention extérieure, veiller à ne pas disperser la contamination et suivre la procédure établie (instructions à suivre en cas de situation anormale remises à toute personne travaillant en zone contrôlée)

 

     Se conformer ensuite aux indications données par les intervenants extérieurs.
Mesures à prendre par les personnes intervenantes

La personne compétente et le médecin du travail sont les personnes les plus à même pour intervenir dans ce genre de situation. Ceux ci peuvent s’appuyer si nécessaire sur la structure de radioprotection.

 

 

  1. 3.      Mesures d’urgence 

 

-         La pénétration du radionucléide dans le corps par ingestion, inhalation, ou passage percutané entraîne une exposition interne

-         Eventuellement, un traitement sera administré : médicaments accélérant l’élimination des substances radioactives et dans certains cas, médicaments spécifiques du type de radioélément (ex : iodure de potassium dans le cas d’une contamination par de l’iode radioactif).

 

     Avant d’intervenir, s’équiper des équipements de protection individuelle nécessaires (sur-blouse, gants, sur-bottes…).

 

     Dans tous les cas d’urgence médico-chirurgicale associée, les gestes de premiers secours priment sur la décontamination.

     Si les locaux de travail sont aménagés pour cela, faire passer la personne contaminée dans un sas ou une salle de décontamination situé(e) à proximité de l’espace de travail (sans risque de contaminer d’autres espaces de travail).

 

     Délimiter la zone contaminée et installer un périmètre de sécurité.

 

     Le plus rapidement possible, mettre en œuvre les procédures de décontamination de la personne exposée :

 

-         Lui faire enlever les vêtements contaminés

-         Vérifier l’existence éventuelle d’une contamination corporelle, qui doit              être traitée immédiatement                              

  • Lavage abondant (en recueillant si possible l’eau de lavage)
  • Savonner sans frotter (éviter l’abrasion de la peau)

 

 

-         En cas de lavage nécessaire du visage ou des cheveux, protéger les yeux, la bouche, les narines et les oreilles de façon à éviter leur contamination

  • Laver les plaies superficielles et les yeux (ces derniers de préférence avec du sérum physiologique)
  • S’assurer de l’efficacité de la décontamination avec un détecteur de radioactivité

 

Dans tous les cas, un  accident ou incident d’exposition aux radiations doit être suivi d’une analyse (par la méthodologie de l’arbre des causes par exemple) : il est nécessaire d’en tirer les leçons, et de prendre toutes les mesures permettant d’éviter la répétition de situations similaires.

Toute situation accidentelle et les mesures correctives prises peuvent être riches d’enseignements pour les préventeurs, les chargés de sécurité

 

 

 

CONCLUSION

L’utilisation  des rayonnements ionisants comme celle  de tous les agents physiques, chimiques ou biologiques comporte des risques ; elle implique par conséquent des précautions de sécurité destinées à réduire au plus bas niveau possible, l’exposition tant individuelle que collective.

 

La gestion du risque en radiologie est fondée sur la reconnaissance de l’hypothèse d’absence d’effets de seuil, c’est à dire que toute exposition, aussi faible soit-elle, peut entraîner des risques pour la santé (survenue de cancer notamment). Avec le progrès des équipements et des dispositions réglementaires d’organisation du travail, l’exposition des opérateurs et des patients a pour la grande majorité des applications médicales, été fortement diminuée.

 

Mais ce résultat ne peut être maintenu qu’avec la vigilance de chacun, elle-même basée sur l’information indispensable. Ainsi, des compromis doivent-ils ainsi être trouvés entre le risque d’exposition et sa justification, aussi bien en termes techniques que socio-économiques.



 

 

 

 

 

 

 

REFERENCES

 

RANNOU A., « La radioprotection des travailleurs. Bilan 2007 ». Rapport DRPH/2008-11. Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), 2008, 88 p.

Rapport téléchargeable sur le site de l'IRSN

 

DELACROIX D., GUERRE J.P., LEBLANC P. « Guide pratique. Radionucléides et radioprotection. Manuel pour la manipulation de substances radioactives dans les laboratoires de faible et moyenne activité ». 2e édition mise à jour en 2006. EDP Sciences 2006


THEVENIN J.C.
« Instrumentation pour la dosimétrie individuelle des travailleurs ». Génie nucléaire BN 3490. Doc BN 3490. Techniques de l’ingénieur, 2003, 16 p., 4 p.

TUBIANA M., LALLEMAND J. « Radiobiologie et radioprotection ». Que sais-je ? n° 2439. Presses universitaires de France (PUF), 2002, 128 p.


GAMBINI D.J., GRANIER R., BOISSIERE G. « Manuel pratique de radioprotection ». 2e édition. Technique et documentation Lavoisier, 1997, 483 p.


GAURON C., SERVENT J.P. INRS - Documents pour le médecin du travail N°105  mars 2006 - Notes de congrès – Gestion des sources de rayonnements ionisants

 

"Les rayonnements ionisants. Paysage institutionnel et réglementation applicable".

ED 932. 2ème édition, avril 2009, 94 p. (format pdf, 3.2 Mo)

 

 

SITES D’ORGANISMES FRANÇAIS


Istitut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN)

www.irsn.org

 

Autorité de sûreté nucléaire (ASN)

www.asn.gouv.fr

 

Légifrance
www.legifrance.gouv.fr

 

Portail des agences sanitaires françaises

www.sante.fr

Société française de radioprotection (SFRP)

www.sfrp.asso.fr

 

Retours d'expériences sur les incidents radiologiques (RELIR)

http://relir.cepn.asso.fr


Association pour les techniques et les sciences de la radioprotection (ATSR)

www.atsr-ri.com


SITES D’ORGANISMES INTERNATIONAUX

 

United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation (UNSCEAR)
www.unscear.org


International Commission on Radiological Protection (ICRP)

www.icrp.org

 

International Atomic Energy agency (IAEA)

www.iaea.org.


 

AUTRES SITES EN FRANÇAIS


Dossier « Radioprotection médicale » de l’Université virtuelle de Paris 5 (UVP5 / France)

www.uvp5.univ-paris5.fr/RADIO/

Bureau de la radioprotection, de la Santé environnementale et sécurité des consommateurs (SESC / Canada)

www.hc-sc.gc.ca/hecs-sesc/brp/index.htm

Division Radioprotection de l’Office fédéral de santé publique (OFSP / Suisse)
www.bag.admin.ch/strahlen/f/index.php

Division de la radioprotection de la direction de la santé (Ministère de la santé / Grand Duché du Luxembourg)

www.radioprotection.org.lu

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