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Hygiène et Biosécurité au laboratoire

Commentaires (7)

1. Kouame Tiemele (site web) 29/03/2009

I - HISTORIQUE
L’Hygiène et la Biosécurité ont vu le jour au début de la révolution industrielle sous les termes d’Hygiène et Sécurité .L’industrie alimentaire s’est engagée de manière informelle dans cette démarche. Il fallait attendre les années 1980 pour voir un bon développement de l’Hygiène et de la Biosécurité.

L’Etat Belge a pris l’initiative en signant en 1997, l’accord de coopération entre l’Etat fédéral et les régions (MB 14 07 1997)[3]. Cet accord règle la coordination administrative scientifique en matière de Biosécurité.

Un conseil consultatif de Biosécurité a été installé le 12 Mai 2003 par Mr TAVERNIER, Ministre de la santé publique belge d’alors. Les membres sont en partie des Académiques, en partie des fonctionnaires et/ou des membres des cabinets des ministres compétents. Les membres sont nommés par les ministres de la santé responsable de la politique scientifique et par les régions flamandes, WALLONE et BRUXELLE-CAPITALE [4].

Le secrétariat du conseil est assuré par la Section de Biosécurité et Biotechnologie (SBB) de l’INSTITUT SCIENTIFIQUE de SANTE PUBLIQUE.
Le SBB 19existant avant le conseil, a mis en forme l’évaluation de la Biosécurité en 1989. Sous l’impulsion de ROLAND MOREAU, président administratif intérimaire, le conseil a rédigé un règlement d’ordre intérieur qui précise son fonctionnement [5].
Un rapport annuel mentionne entre autre la satisfaction des avis des différents comités. Ce rapport comporte quatre chapitres :
1-l’évaluation de la Biosécurité et les rapports d’activité du conseil depuis son
installation et celui du SBB19 pendant la période de 1989-2003.
2-le traitement des autres objectifs de l’accord de coopération entre
autres les transcriptions du droit européen en droit de travail.
3-le traitement du budget alloué à la Biosécurité.
4-la réflexion personnelle du conseil sur le fonctionnement passé et sur les perspectives d’avenir.
Le thème de la Biosécurité est complexe et sensible socialement. La réglementation en matière de Biosécurité est en effet relativement compliquée et évolue constamment [5]. Il faut alors un secrétariat compétent, bon en communication.

La Biosécurité est un thème à dimension internationale. Il est dès lors capital que tout le conseil que son secrétariat restent correctement informés des développements internationaux [4].

Malgré les tensions existantes au niveau du public, le conseil doit pouvoir travailler sous un climat de sécurité et de confiance. La valeur scientifique des avis dépend entièrement de l’engagement, l’objectivité, la neutralité, et la compétence des membres du secrétariat et des experts consultés [4].

Il faut retenir que la coopération en matière de Biosécurité, trouve son origine à la fin des années 1980 dans la préparation des directives européennes (90/219/CEE) réglementant respectivement l’utilisation confinée des Micro-organismes Génétiquement Modifiés (MGM) [6].

En Belgique, entre 1989 et 1995 deux experts sont affectés à l’expertise scientifique en matière de Biosécurité.

A partir de 1995, une équipe de scientifiques se constitue à l’INSTITUT SCIENTIFIQUE de SANTE PUBLIQUE (ISSP). Dans un groupe informel d’abord et sous forme de section légale de l’ISSP à partir de 1996, devient la section de Biosécurité et Biotechnologie.

Dès 1993, le SBB reçoit mandat contractuel d’éclairer les régions dans le processus de transformation et de mise en œuvre de la Directive 90/219/CEE [3]. Les arrêtés régionaux de transformation de cette Directive voient le jour entre 1993 et 1996. La coopération interrégionale est dès lors lancée. Elle facilitera la conclusion de l’accord de coopération quelques années plus tard.

La définition de la Biosécurité (qui couvre le MGM, les OGM (Organisme Génétiquement Modifié), et les organismes pathogènes) est fixée et les méthodologies et règles de l’évolution scientifique des risques sont établies.
L’arrêté fédéral de transposition de la Directive 90/220/CEE est publié en 1998. [4].
Depuis 1994, quelques 1600 dossiers d’utilisation confinée ont été expertisés par le SBB.

II-DEFINITIONS

II-1-DEFINITIONS LEXICALES
Nous définissons les mots clés pour faciliter la compréhension de ce travail. Ici, les définitions sont celles du dictionnaire.

II-1-1-Hygiène : ce sont des Règles et des pratiques nécessaires pour conserver et améliorer la santé. (Petit LAROUSSE)

II-1-2-Biosécurité : c’est la Garantie d’une vie saine loin de tout danger biologique ou relatif à des activités biologiques.

II-1-3-Danger : c’est ce qui expose à un mal quelconque (petit LAROUSSE)

II-1-4-Maladie professionnelle : trouble, dérangement de la santé physique, du comportement suite à l’exercice d’une profession (LAROUSSE édition de novembre 2006)
II-1-5-Risque : Danger, inconvénient, perte, préjudice éventuel garanti par une ASSURANCE (Petit LAROUSSE)

II-1-6-Accident : Evénements imprévus, malheureux ou dommageables.

II-1-7-Management efficient : c’est une expression d’origine anglaise signifiant « gestion efficace».

II-2-DEFINITIONS OPERATIONNELLES
Ici, il s’agit de définitions pratiques et professionnelles. Elles permettent de mieux appréhender le travail du génie sanitaire [8].

II-2-1-Danger : c’est le caractère intrinsèque d’un matériel, un objet, un organisme, une chose à causer des dommages.

II-2-2-Risque : c’est la susceptibilité ou la probabilité d’expression du danger.

II-2-3-Accident : c’est l’expression plus ou moins imprévisible du danger.

II-2-4-Management efficient : c’est une gestion efficace, positive ou un ensemble de techniques d’organisation mises en œuvre pour l’administration efficace, positive, bénéfique et profitable d’une entité (définition Web).

III-GESTION DE L’HYGIENE ET DE LA BIOSECURITE AU
LABORATOIRE

III-1-POLITIQUE DE GESTION
Une Politique de gestion de l’Hygiène et de la Biosécurité doit être définie. Cette politique se traduit par l’engagement de la Direction (ISO 9001 :2000, chapitre 5).
Un engagement écrit avec des objectifs définis, des moyens humains, matériels et financiers dégagés, l’incitation de tout le personnel à l’adoption de cette Politique. [9]

III-2-METHODE
La méthode de gestion doit être une stratégie élaborée pour permettre cette Gestion, la prise en charge effective de l’Hygiène et de la Biosécurité.
Cette prise en charge passe par la mise en place d’un organe de gestion qui est le comité d’hygiène et de biosécurité, qui pourrait être appelé différemment selon les objectifs (ISO 14001).
Ce comité ayant à sa tête un ingénieur du génie sanitaire et environnement ou un qualiticien, doit élaborer un plan de gestion. Ce plan de gestion devra comprendre un plan de travail, un plan de formations.
En clair, le plan de gestion devra comprendre un plan de formation du personnel en rapport avec les objectifs, une grille de gestion qui ressortira ces objectifs, les activités, les périodes d’exécution de ces activités et les indicateurs de fin. On pourra prévoir une colonne d’observations(GBEA).
Le Comté d’hygiène et de Biosécurité sera aussi chargé du suivi et de l’évaluation de cette gestion. Le premier travail du Comité est d’identifier les dangers potentiels, les risques et les accidents éventuels pour prévoir les mesures préventives et même préparer les techniques de réparation de ces accidents éventuels.

III-3-ORGANES DE GESTIONS
1-CHSCT : Comité d’Hygiène et de Sécurité des Conditions de Travail.
2-CLIN : Comité de Lutte contre les Infections Nosocomiales
3-GBEA : Guide de Bonne Exécution des Actes de biologie médicale.
Le Professeur Cantineau et ses collaborateurs ont fait un travail remarquable sur le Risque biologique [10]
Le Comité devra faire l’effort de l’étendre en identifiant d’autres risques tels que : Les risques d’origine thermique, les risques d’origine chimique, les risques d’origine électrique, les risques d’origine radioactive…
Selon les mêmes Auteurs, le risque biologique au laboratoire de Microbiologie est dominé par le risque infectieux.
Les risques allergiques et toxiques sont peu représentés au laboratoire. Les risques infectieux résultent de la confrontation entre l’organisme et la multitude d’agents pathogènes susceptibles de rentrer en contact avec lui. Alors les caractéristiques de l’agent biologique, sa virulence mais aussi son mode d’entrée dans l’organisme et son interaction avec les défenses du sujet vont être déterminants dans l’apparition d’une pathologie. La Science et la Technologie ont pu mettre en place des moyens de protection (ISO 15189).
Ces moyens de prévention mis en œuvre au sein du laboratoire, lorsqu’il respecte les recommandations très strictes existant dans ce domaine diminuent aujourd’hui considérablement ces risques. Leur observance semble être le souci des laboratoires (GBEA).
Pour appréhender les risques biologiques afin d’harmoniser la lutte contre ces risques, l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), puis l’Union Européenne ont élaboré des définitions et une classification précise des agents biologiques. Traduite en droit français par le Décret n°94-352 du 04 Mai 1994 [11], cette classification réglementaire sert également de base aux principes des mesures de confinement biologique abordées plus loin. Elle a été modifiée en 1998.

Selon toujours Pr. Cantineau, les agents biologiques sont des microorganismes y compris les Microorganismes Génétiquement Modifiés, les cultures cellulaires et les endoparasites humains susceptibles de provoquer une infection ou une intoxication.

La classification évoquée plus haut est basée sur la pathogénicité des microorganismes. Sa maitrise constitue le gage de bon choix des moyens techniques de protection.

IV-CONFINEMENTS BIOLOGIQUES OU CLASSIFICATION BIOLOGIQUE.
Groupe I : Agents biologiques non susceptibles de provoquer une maladie chez l’homme.
Groupe II : Agents biologiques pouvant provoquer une maladie chez l’homme et constituer un danger pour les travailleurs ; leur propagation dans la collectivité est peu probable, il existe généralement une prophylaxie ou un traitement efficace.
Groupe III : Agents biologiques pouvant provoquer une maladie grave chez l’homme et constituer un danger sérieux pour les travailleurs. Leur propagation dans la collectivité est possible, mais il existe généralement une prophylaxie ou un traitement efficace.
Groupe IV : agents biologiques qui provoquent des maladies graves chez l’homme et constituent un danger sérieux pour les travailleurs. Le risque de leur propagation dans la collectivité est élevé, il n’existe généralement ni prophylaxie ni traitement. Pour comprendre le degré d’exposition, les voies de pénétration des microorganismes ont été étudiées.
Classiquement, il y a trois types de voies de pénétration des agents biologiques dans l’organisme en milieu professionnel.

V- DIFFERENTES VOIES DE CONTAMINATION
V-1- LA VOIE AERIENNE
C’est la principale voie d’entrée des agents biologiques, mais aussi la plus insidieuse, qu’elle se fasse par aérosols inhalés ou par ingestion accidentelle.
Entre 1987 et 1991, 10 % des tuberculoses professionnelles déclarées ont été par aérosol. Les centrifugeuses non fermées ou ouvertes avant leur arrêt complet ou les vortex à tubes non bouchés, sont les sources de contamination professionnelle.
Huit (8) laborantins ont développé une brucellose aigue six semaines après décongélation d’un isolat de Brucella melitensis provenant d’un patient hospitalisé trois ans plus tôt. On a également décrit des cas de tuberculoses par gaine d’aération d’un laboratoire.

Souvent, le non respect des règles élémentaires d’hygiène suffit à expliquer malheureusement, un bon nombre de contaminations : manger dans le laboratoire, fumer (2 cas de tuberculose décrits), porter ses mains à la bouche sans les avoir lavées sont autant d’erreurs à ne pas commettre.

V-2-LA VOIE CUTANEO-MUQUEUSE.
Elle se décompose en trois catégories :
Effraction cutanée (piqûre ou coupure accidentelles, projections sur une peau lésée) : VIH26 , VHB24 , VHC25 , tuberculose cutanée d’inoculation.
Projection sur une muqueuse :
VIH 26, VHB24, VHC25, trachome (ophtalmie causée par Chlamydia trachomatis)
Projection sur la peau saine :
Cette voie est suspectée pour les Leptospires et HSV10 .Selon la note d’information de la Direction Générale de la Santé Française DGS/DH/DRT n° 666 du 28 Octobre 1991, le premier cas de contamination professionnelle au VIH6 par projection a été rapporté en 1984 [12].
De 1984 à 1996 ,79 cas de séroconversions prouvées après accident professionnel ont été rapportés chez des professionnels de santé, dans les pays industrialisés.
En France, en Décembre 1995 on a comptabilisé 10 séroconversions certaines [14].
Aux Etats Unis, les CDC7 ont reconnu 46 cas de séroconversions professionnelles après exposition.
16 cas ont été rapportés par des pays d’Europe, 3 par l’Afrique du Sud et 4 par l’Australie.
76 des 79 cas de contamination sont faits par piqûre ou blessures ,6 cas de contamination cutanéo-muqueuse.
Une étude menée à l’AP-HP de 1990 à 1992 par le GERES (Groupe d’étude sur le risque d’exposition au sang) a montré que sur 3160 accidents d’exposition au sang ,116 sont survenus chez les techniciens de laboratoire en France.[13]

V-3- VOIE DIGESTIVE
Elle est toujours due à une défaillance dans les mesures d’hygiène individuelle (défaut de lavage des mains, onychophagie ou à des erreurs techniques : pipetage à la bouche).La contamination d’aliments au laboratoire est un acte favorisant le risque infectieux par la voie digestive.
VI- DIFFERENTS TYPES DE RISQUES
VI-1-RISQUES D’ORIGINE PHYSIQUE : Ce sont des risques engendrés par des Dangers physiques.
VI-1-1-Risques d’origine architecturale
L’architecture du laboratoire doit respecter des normes. Dans le cas contraire elle expose à des risques : asphyxie, étouffement, chute de matériaux, affections péri articulaires. Chute de murs, chute de plafond, chute de verre.
VI-1-2-milieux en poudre : ce sont des milieux de culture qui exposent aux Risques de pneumoconioses
VI-1-3-objets coupants et piquants : ce sont des objets en verre ou en métal qui exposent aux Risques de coupure ou de piqûre
VI-2-RISQUE D’ORIGINES BIOLOGIQUES : ce sont des Risques liés aux Microorganismes.
VI-2-1 risques d’origine bactérienne : Ce sont les Risques infectieux, les Risques d’intoxication, les Risques de souillure locale, les Risques d’épidémie, les Risques de pollution environnementale, les Risques de souillure vestimentaire, les Risques de contamination,…
VI-2-2 Risques d’origine parasitaire : ce sont les Risques d’infestations parasitaires : Ankylostomiase, amibiase, candidose,…
VI-2-3-risques d’origine virale : ce sont les d’Infections virales

VI-3- RISQUES D’ORIGINES CHIMIQUES : ce sont les Intoxications, brûlures, explosions, hémopathies, insuffisances respiratoires, atteintes oculaires, incendies, asphyxie, cancer,… [14]
Selon le registre des accidents de travail de la fonction publique française n° FP9/04-2004 du 9/03/2004, nous avons le rapport suivant :
03 déclarations d’hémopathies dues au Benzène,
04 déclarations d’hémopathies dues au Toluène,
04 déclarations d’hémopathies dues au Xylène,
10 Affections cancéreuses provoquées par l’Acide chromique,
20 Cancers bronchiques causés par inhalation de poussière composite,
24 Pneumoconioses provoquées par des poussières minérales renfermant de la Silice libre,
30 Cancers bronchiques causés par la poussière d’Amiante,
44 Cancers provoqués par la poussière d’Oxyde de fer,
80 Affections malignes causées par l’Ether.

VI-4-RISQUES D’ORIGINE THERMIQUE : ce sont les Brûlures, les incendies, les explosions,…
Tous les appareils chauffant exposent à des risques très élevés si leur manipulation et leur entretien ne sont pas maîtrisés

VI-5- Risques d’origine électrique : ce sont les Risques de Brûlure, d’électrocution, d’électrisation.
En effet, l’électrocution conduit à la mort alors que l’électrisation provoquant simplement une tétanisation musculaire, peut provoquer une asphyxie et des brûlures.
L’électrocution provoque un arrêt respiratoire, une fibrillation ventriculaire, un arrêt cardiaque.

VI-6- RISQUES D’ORIGINES RADIOACTIVES : ce son Les rayons ionisants qui sont à l’origine d’affections telles que l’hémopathie, le cancer. Il existe deux types de risques :
- les Risques stochastiques (aléatoires)
- les Risques déterministes (effets connus)
Pour prévenir ces risques d’expositions aux accidents dans les laboratoires, des mesures préventives ont été prises. Ces mesures sont adoptées selon les moyens et le degré d’exposition des laboratoires.
Des stratégies de correction ou de réparation des dommages causés par les accidents sont élaborées. Tout ceci concourt à la maîtrise de la gestion des risques et accidents d’où la maîtrise de la gestion de l’Hygiène et de la Biosécurité.

VII-PREVENTION DES RISQUES
Ce paragraphe va prendre en compte les différents types de Prévention du Risque biologique. Cette prévention est par principe primaire.
VII-1-PREVENTION TECHNIQUE DU RISQUE BIOLOGIQUE.
La prévention du risque biologique est par principe primaire [10]:
- éviter le contact entre les agents biologiques et l’homme par les mesures d’hygiène élémentaires d’une part et techniques d’autre part.
Les mesures techniques sont représentées à l’échelle du poste de travail par le PSM18 et à l’échelle des locaux par les niveaux de confinement biologiques (classification des microorganismes selon leur pathogénicité).

VII-1-2-Différents types de postes de sécurité
Ce sont des enceintes servant de postes de travail sécurisé communément appelées hottes.
TYPE I (PSM I)
Il protège le manipulateur par la création d’un flux d’air entrant dans l’enceinte.
Il protège l’environnement par filtration de l’air de l’enceinte à travers un filtre à très haute efficacité. Le produit manipulé n’est pas protégé puisqu’en contact avec l’air du laboratoire.
TYPE II (PSM II)
Il protège le manipulateur par aspiration créée au bord avant du plan de travail (barrière immatérielle entre lui et le produit).
Il protège l’environnement par filtration de l’air de l’enceinte à travers un filtre à très haute efficacité.
Il protège aussi le produit manipulé par flux d’air descendant préalablement filtré à travers un filtre à très haute efficacité. Cette protection diminue également les contaminations croisées entre deux produits manipulés simultanément.
TYPE III (PSM III)
Il protège le manipulateur totalement en dehors de l’enceinte dans laquelle est manipulé le produit par l’intermédiaire de gants (manchons souples terminés par des gants.). Il protège l’environnement par filtration de l’air de l’enceinte à travers deux filtres à très haute efficacité en série.
Il protège le prélèvement en l’empêchant d’être en contact avec l’air du laboratoire.
Il ne protège pas contre les contaminations croisées par absence de flux luminaire dans l’enceinte.
L’utilisation du type dépend du groupe de pathogénicité des organismes manipulés.
Les micro-organismes du groupe IV doivent être manipulés avec le type III.

VII-1-2-1-Conseils d’utilisation des PSM
- Ne pas allumer les lampes UV plus d’un quart d’heure avant utilisation (risque de détérioration des matériaux du PSM)
- Mettre l’appareil en marche au moins 15mn avant de travailler.
- Nettoyer avant et après chaque utilisation les paillasses (alcool à 70 °)
- n’utiliser que du matériel stérile.
- ne pas perturber le flux laminaire (pas de bec bunsen, éviter les mouvements brusques et rapides, ne pas encombrer le plan de travail)
- faire effectuer les opérations d’entretien par un spécialiste (contrat d’entretien pour opérations sur les filtres après décontamination au formol).
- Les filtres sont des déchets biologiques et doivent être incinérés.
N’utiliser pour leur nettoyage que du matériel stérile.

VII-2-PREVENTION MEDICALE DU RISQUE
C’est un ensemble de stratégies permettant d’assurer la protection des travailleurs.
VII-2-1-La surveillance médicale spécialisée
Après les mesures techniques, un deuxième degré de prévention est représenté par les vaccinations obligatoires du personnel exposé [16].
En dehors du cadre réglementaire minimal, des modalités de surveillance médicale sont laissées à l’appréciation du médecin du travail qui a toute liberté de proposer aux salariés des examens cliniques ou complémentaires.
Il a également pour rôle la conduite d’étude des conditions de travail au cours de son tiers-temps.
Cette surveillance est assurée par le médecin du travail. Il s’agit aux yeux du code de travail international (art.R231-65), d’une surveillance médicale spéciale dont la fréquence est laissée à son appréciation. Mais cette fréquence ne peut en aucun cas être inférieure à un renouvellement de fiche d’aptitude par an.
S’il s’avère qu’un travailleur est atteint d’une maladie professionnelle, le médecin du travail a pour mission d’examiner tout le personnel susceptible d’avoir été exposé au même risque biologique et de prescrire d’éventuels examens complémentaires.

VII-2-2-La prophylaxie vaccinale
Les indications des vaccins du personnel de laboratoire sont en constante évolution.
Elles sont soit d’ordre obligatoire, soit recommandées. Elles ne remettent pas en cause le principe de la primauté de la prévention technique individuelle et collective obligatoire du risque. Toutes ces vaccinations, même obligatoires, sont soumises à l’accord du salarié après information claire et précise de son médecin du travail.
- personnels visés par les articles 1…10 (loi du 18 janvier 1991) et L.215 du code de la santé publique (loi du 18 janvier 1994 et décret du 05 septembre 1996).
Le personnel de laboratoire d’analyses médicales est soumis à l’obligation vaccinale contre|17] :
- le tétanos
- la poliomyélite (vaccin injectable)
- la diphtérie
- l’hépatite B
- la typhoïde
- la tuberculose (obligation d’immunité et non de vaccination)

Les sujets fournissant un certificat médical attestant d’une contre-indication dont la liste est fixée par arrêté ministériel : définitive pour les déficits immunitaires acquis ou congénitaux, temporaires pour les dermatoses en évolution.
- les sujets IDR11 positifs sont considérés comme ayant satisfait à l’obligation vaccinale.
- Les sujets IDR11 négatifs après deux vaccinations au moins par le BCG5 sont considérés comme ayant satisfait aux obligations de la loi.
D’autres vaccinations sont recommandées en fonction du risque spécifique évalué par le médecin.
- Hépatite A
- Anti Rabique
- Leptospirose
- La Grippe
- La Rubéole pour les femmes non immunisées
La vaccination implique la responsabilité de l’employeur (le défaut est une faute grave en cas de maladie professionnelle) [16]. Elle implique également la responsabilité du médecin du travail (il assure la responsabilité des accidents post vaccinaux). La responsabilité après une vaccination obligatoire relève de l’Etat (art L10-1).
VII-2-3-Règles élémentaires d’Hygiène.
Selon les Consignes pratiques du document des professeurs Cantineau et Thomas Perrin, Tout prélèvement doit être considéré comme potentiellement contaminé, dans tous les services, pour tous les patients [10].
1- Le re-capuchonnement et la désadaptation manuelle des aiguilles sont des causes fréquentes de piqûres accidentelles et doivent être proscrits.
2- Les aiguilles doivent être jetées dans des conteneurs spéciaux imperforables qui doivent permettre de les désadapter.
3- les bons (bulletins) d’examen doivent être isolés des prélèvements lors de leur transfert et ceux-ci devraient être placés dans des conditionnements étanches.
4-les actes de manipulation des prélèvements ne devraient pas se faire dans les mêmes zones, sur les mêmes paillasses que les actes propres.
5-les gants deviennent, dès leur usage, objets contaminants et devraient être retirés (et les mains lavées) avant tout acte propre telle que l’utilisation d’un téléphone, l’ouverture d’une porte, l’écriture ou la frappe.
6-boire, fumer, manger, se maquiller dans les secteurs où sont manipulés des prélèvements sont interdits.
7-les vêtements et objets personnels doivent être protégés du contact avec les prélèvements.
8-certaines opérations à risques (éclaboussures, transvasements…) devraient nécessiter le port de lunette de protection et d’un masque.
Concernant toujours les conseils pratiques en Hygiène et Sécurité, le LMGEM12 en donne en plus de ceux du Professeur Cantineau.

VIII-CONSIGNES GENERALES
1. Lutter contre le désordre, l’imprudence, la négligence
2. Les couloirs des laboratoires doivent être libres d’accès et ne pas servir à stocker du matériel et des produits chimiques.
3. Ne pas laisser du matériel ou d’équipements encombrants ou à risque dans les zones de passage ou réservées à l’évacuation.
4. Eviter tout stockage de papier ou d’emballage dans des gaines techniques.
5. N’utiliser que les appareils en bon état.
6. Eviter de faire fonctionner longtemps des appareils sans surveillance, ou si oui prendre les mesures appropriées :(laisser vos coordonnées, baliser la zone, afficher les risques, dispositifs automatiques d’urgence…)
7. Ne pas intervenir sur un appareil sous tension.
8. Ne pas surcharger les prises de courant par des montages multiples (éviter l’usage des multiprises).
9. Vérifier que le matériel possède bien les caractéristiques correspondant au local ou à l’emplacement auquel il est destiné ; en particulier, des règles strictes s’imposent pour le travail en milieu humide ou conducteur (AFNor)1.
10. Ne jamais toucher au réglage des disjoncteurs ou calibre des fusibles, et surtout pas pour diminuer leur sensibilité.

IX-CONSIGNES CONCERNANT LES PRODUITS CHIMIQUES
1. Etudier précisément et avant même de commander un produit, les risques liés à sa nature (étiquette, codification, R et S, catalogue du fournisseur, fiche de toxicologie).
2. Ne pas commander, ni manipuler de produits dangereux sans avoir l’ensemble des équipements de protection nécessaires.
3. Porter une blouse avant d’entrer dans une salle de manipulation et l’enlever dès la sortie de la salle.
4. Porter des lunettes dans les laboratoires, les salles de distillation et en tout lieu susceptible de mettre les yeux en danger.
5. Porter des gants spécifiques au produit à manipuler.
6. Utiliser un écran de protection ou de masque à visière (polycarbonate) pour toute réaction inconnue présentant des risques potentiels.
7. Manipuler les produits corrosifs, toxiques, inflammables…uniquement sous hotte aspirante avec filtre spécifique ou sous sorbonne.
8. Ne jamais pipeter à la bouche.
9. Re-étiqueter tout produit transvasé, tout mélange (sigles normalisés, nom du produit ou du mélange, date de conditionnement, nom du manipulateur.
10. Etudier la conduite à tenir en cas d’accident.
11. Repérer les dispositifs d’urgence ; douche de sécurité, couverture anti-feu, poste d’eau, boite à pharmacie et extincteurs.
12. Réduire les quantités de produits utilisés et stockés au maximum possible.
13. Placer les produits le plus loin possible des sources de chaleur et jamais à proximité des issues.
14. Ne pas stocker de produits dans les refédérateurs ou congélateurs non sécurisés du point de vue électrique (pas de possibilité d’étincelle à l’intérieur de la cuve)
15. Stocker les produits neufs, si possibles dans une soute extérieure au bâtiment, sinon, dans une pièce convenablement située, isolée et ventilée.
16. Ne pas rejeter à l’évier de produits chimiques
17. Respecter les procédures d’élimination des différents types de déchets.

X-CONSGNES CONCERNANT LES PRODUITS CANCERIGENES : BET, FORMOL, CHLOROFORMES
1. éviter soigneusement toute contamination interne et externe.
2. contrôler l’absence de contamination après chaque manipulation et à nettoyer soigneusement les traces de produits (poste de pesée)
3. manipuler des produits pulvérulents (lors des pesées), dans un endroit calme,à l’abri des effets électrostatiques, en procédant avec rigueur et en portant des masques et des gants.
4. 4-transporter les produits cancérigènes et les produits mutagènes dans un récipient étanche et incassable qui ne s’ouvre ni ne se brise en cas de chute.
5. étiqueter comme ‘dangers cancérigènes, chimiques potentiels’ sur les portes d’armoires, réfrigérateur… contenant les solutions mères.

XI-CONSIGNES CONCERNANT LES PRODUITS RADIOACTIFS
Une législation très stricte existe concernant l’achat, le stockage, la manipulation, la récupération et l’élimination des produits radioactifs. Il est obligatoire de consulter la personne compétente en radioprotection pour tout nouveau projet de manipulation.

XII-Consignes concernant les équipements sous pression ou dépression (autoclave pour stérilisation, chaudière, bouteille de gaz, compresseur et enceinte, réacteurs de synthèse, évaporateurs, lyophilisateur, enceinte d’expérience, dessiccateurs).
1. contrôle et suivi régulièrement effectués par un organisme agréé.
2. formation des utilisateurs.
3. protéger les montages sous pressions par des écrans ou des enveloppes métalliques à mailles fines.
4. réaliser un examen visuel de son bon état apparent : absence de corrosion, d’échauffement anormal, de fuite, avant toute utilisation.
5. transporter une bouteille de gaz sous pression avec un chariot spécifique.
6. vérifier l’absence de fuite lors de la mise en place d’un manodétenteur et changer tout manodétenteur défectueux ou périmé.
7. ne jamais graisser des raccords sur des conduits d’oxygène, ne jamais employer de cuivre sur l’acétylène.
8. ne stocker au laboratoire que les bouteilles nécessaires aux expériences en cours.
9. stocker les bouteilles de gaz dans un local bien ventilé ou sous abri, éloignées des sources de chaleurs, à l’abri des flammes et des rayons du soleil ; les fixer en position verticale.
10. piéger ou neutraliser les gaz toxiques en fin de montage réactionnel pour éviter la pollution de l’air ambiant.



XIII-CONSIGNES CONCERNANT LES APPAREILS ET MACHINES POTENTIELLEMENT DANGEREUX (centrifugeuses, scies, vortex…)
1. prendre connaissance de la notice d’instruction indiquant notamment les conditions d’utilisation.
2. porter les lunettes de protection chaque fois qu’il y a risque de projection.
3. ne jamais enlever les capots et les écrans de protection contre le bruit prévu par le constructeur.
4. veiller au bon état de fonctionnement des amortisseurs pour les appareils vibrants.
5. porter un casque antibruit si nécessaire. S’il est impossible d’agir sur les sources de bruits.
6. se soumettre à la surveillance médicale.





















2. kouame Tiemele (site web) 29/03/2009

* Notions Tiémélé
Dans le souci de permettre la mise en évidence des dangers en terme de génération de risques d’où d’exposition à ces risques, Mr Tiémélé dans ces travaux, pense à la mise en place de paramètres d’évaluation.
Ainsi, il a pensé à la mathématisation de paramètres tels que :
- le facteur de risque
- l’indice d’exposition au danger.
- le profil indiciaire du danger.
Ces paramètres sont utilisés à la suite de la méthode AMDEC2 .

1- Indice d’Exposition au danger :
C’est un indice qui permet d’apprécier le degré d’exposition du personnel technique.
Calcul de l’indice d’Exposition : Deux types de calculs sont proposés.

* Dans le cas des dangers biologiques : l’Indice d’Exposition (E) est le rapport du nombre de tests positifs pour un danger donné et du nombre total de tests réalisés pendant trois Mois pour le danger, multiplié par 100.
Ex : nombre de tests de VIH réalisés=100, nombre de tests positifs=20

20
E= ─ x100=20. L’exposition au VIH est donc 20 %
100
 Pour les autres types de dangers, cet indice est calculé par rapport au nombre de jours d’utilisation du danger sur une période de trois Mois.
Ex : soit N le nombre de jours d’utilisation d’un danger donné en trois mois.
Soit Nt le nombre de jours de travail pendant ces trois mois.

N
E= ─ x100
Nt


30
Soit N=30 Nt=60 E= ─ x100=0.5x100=50
60
2-Facteur de risque ( r)
Ce facteur permet de prendre en compte certaines réalités qui influencent l’exposition au danger. Ce facteur est déterminé d’avance en ce qui concerne les machines, les appareils. Il est déterminé en fonction de l’âge de manière conventionnelle.
Ainsi,

2-1-Facteurs intrinsèques (ri)
De 0 à 5 ans r=1,
De 6 à 10 ans r=2
De 11 à 15 ans r=3
De 16 à 20 ans r=4
On suppose qu’après 20 ans un appareil n’est plus fonctionnel.

2-2-Facteur de risque relatif (rr)
C’est un paramètre qui permet d’estimer le niveau de risque du service. Il est déterminé en fonction des équipements de protection individuelle et collective et du bon usage de ces équipements, de la compétence du personnel technique, de l’architecture. Il permet de faire une classification des services. Ce facteur est important pour les inspecteurs et les auditeurs. On déduit de ce facteur, le facteur d’exposition qui pourra être utilisé pour estimer les taux d’accidents en absence de données réelles.

3-Estimation des facteurs de risque :
Si l’équipement répond aux critères du système HACCP (Hazard Critical Check Points) (système SAS,..), s’il existe un Comté d’Hygiène de Sécurité et Conditions de Travail,si l’architecture respecte les normes à plus de 75% avec un personnel qualifié en Hygiène et Biosécurité, r=0,50

Si l’équipement existe et bien utilisé et l’architecture respecte les normes à au moins 75 %, avec un personnel qualifié en Hygiène et Biosécurité r=1.

Si l’équipement existe mais est mal utilisé avec une architecture respectant au moins à 50 % les normes, r=2.

Si l’équipement n’existe pas mais le personnel a un niveau adéquat et est consciencieux avec une architecture respectant les normes à au moins 25 %, r=3.

Si l’équipement n’existe pas et le personnel n’a pas un niveau adéquat ou l’architecture répond à moins de 25 % aux normes, r=4.

Tableau d’équivalence

Classe de sécurité du
service Facteurs de risque relatif rr Cœfficient d’exposition relative Er
E 0.5 12.5%
I 1 25%
II 2 50%
III 3 75%
IV 4 100%

Le Coefficient d’Exposition relative est un cœfficient de l’Indice d’Exposition. Leur produit traduit le taux d’accidents avec une marge supérieure au taux réel. Il permet de faire une étude prédictive en l’absence de données disponibles.


4- Profils indiciaires du danger (PID) :
Le profil indiciaire du danger permet de hiérarchiser les dangers.
n
PID= r.E.∑Ci
i=1
Ci : Criticités des différents risques liés au Danger.
La hiérarchisation des dangers correspond à la classification par ordre de grandeurs décroissant de leurs PID.

3. kouame tiemele (site web) 04/02/2010

[img][/img]- Profils indiciaires du danger (PID) :
Le Profil Indiciaire du Danger nous a permis de hiérarchiser les dangers.
n
PID= r.E.∑Ci
i=1
Ci : Criticités des différents risques liés au Danger.
I-2-3-Estimation du facteur de risque relatif. Il est exprimé par les valeurs suivantes : 0,5 ; 1 ; 2 ; 3 ; 4. Ces valeurs correspondent aux caractéristiques suivantes :
- Si l’équipement répond aux critères du système HACCP (Hazard Analysis and Critical Check Points) (système SAS,..), s’il existe un Comité d’Hygiène de Sécurité et Conditions de Travail, si l’architecture respecte les normes à plus de 75% avec un personnel qualifié en Hygiène et Biosécurité, r=0,50
- Si l’équipement existe et est bien utilisé et si l’architecture respecte les normes à au moins 75 %, avec un personnel qualifié en Hygiène et Biosécurité r=1.
- Si l’équipement existe mais est mal utilisé avec une architecture respectant au moins à 50 % les normes, r=2.
- Si l’équipement n’existe pas mais que le personnel a un niveau adéquat et est consciencieux avec une architecture respectant les normes à au moins 25 %, r=3.

- Si l’équipement n’existe pas et le personnel n’a pas un niveau adéquat ou l’architecture répond à moins de 25 % aux normes, r=4.
Tableau I : récapitulatif de paramètres d’évaluation
Classe de sécurité du
service Facteurs de risque relatif rr Cœfficient d’exposition relative Er
E 0.5 12.5%
I 1 25%
II 2 50%
III 3 75%
IV 4 100%

Le Coefficient d’Exposition relative est un cœfficient de l’Indice d’Exposition. Leur produit traduit le taux d’accidents avec une marge supérieure au taux réel. Il a permis de faire une étude prédictive en l’absence de données disponibles.
I-2-4-Type de l’étude : Cette étude est de type analytique. Elle utilise une méthode rétrospective [9], celle d’Hishikawa, une méthode prédictive (AMDEC) [9] et les techniques arithmétiques basées sur le calcul des indicateurs d’évaluation.

I-2-5-Recueil des données
I-2-5-1-Enquête : des fiches d’enquête ont été distribuées au personnel.
Le personnel répond à un questionnaire. Les fiches de réponses sont collectées une heure après leur distribution.
I-2-5-2-Archives
Nous avons consulté les archives (fiches de résultats) des mois d’octobre, de novembre et de décembre 2006.

I-2-6-Identification du danger et des risques
Diagramme d’HISHIKAWA [5]
Nous avons utilisé le graphique des « six M » pour identifier tous les Dangers de manière sectorielle. L’étude des situations et facteurs favorisant l’exposition aux risques liés à chaque danger nous a permis de les identifier.


M1 M2 M3


M1 : Milieu :
Ici le milieu est le laboratoire du CeDReS. On entendra par milieu, l’organisation architecturale.
Au niveau architectural, les dangers identifiables ne peuvent être que d’ordre matériel. C’est-à-dire, les murs, le plafond, les vitres, etc.
On pourra alors citer :
- les risques de chute de murs,
- les risques de chute de plafond,
- les risques de chute de glace.
M2 : Main d’œuvre.
La main-d’œuvre est constituée de l’équipe professionnelle et technique. A ce niveau, on ne parlera pas de danger mais de facteurs favorisant le risque et de mains-d’œuvre dangereuses.
En effet, les mains d’œuvres considérées comme dangereuses sont celles qui sont mal formées, insouciantes, inconscientes, désordonnées, imprudentes et parfois sous informées sur les dangers et les risques. Ces mains-d’œuvre constituent des véhicules du danger, des facteurs favorisant l’expression du danger. Ex : un garçon de salle qui n’a aucune qualification et qui occupe une paillasse est dangereux en ce sens qu’il méconnaît la capacité de nuisance ou ne connaît pas la composition réelle des produits pathologiques qui sont à sa disposition.

M3 : matériel :
Ici, il s’agit des outils de travail comprenant des machines et le petit matériel.
- les générateurs thermiques que sont les autoclaves, les incubateurs, les poupinelles, les distillateurs sont des facteurs favorisant l’expression du danger car ils sont susceptibles d’engendrer des risques d’explosion, d’incendies…
- Les objets piquants, tranchants et coupants sont des Dangers dont les facteurs favorisant leur expression résultent de leur mauvaise manipulation.
- Les produits chimiques à travers leur caractère inflammable, toxique, corrosif, cancérigène sont des dangers.
- L’électricité est un danger à cause de son caractère électrocutant, électrisant.
M4 : matières premières.
Ici, au laboratoire de Microbiologie, les matières premières sur lesquelles les techniciens travaillent sont : les bactéries, les parasites, les virus.
Ces microorganismes constituent des dangers potentiels.
M5 : méthodologie
La méthodologie de travail peut comporter des facteurs ou situations favorisant un risque :
- le pipetage des produits pathologiques par la bouche,
- le pipetage des solutions dangereuses par la bouche,
- Le mixage par vortex des produits pathologiques sans boucher les tubes,
- Le repiquage des bactéries productrices de H2S sans port de masque,
- L’exécution de procédures techniques sans gants,
- La lecture de test d’agglutination en tubes par petites secousses en l’air.
M6 : management de la qualité :
La définition d’une politique et des stratégies de gestion sont des critères d’une bonne maîtrise de gestion de l’Hygiène et de la biosécurité. Un manquement peut constituer un facteur ou une situation de risque.
Par exemple : la non implication de tout le personnel dans la politique de gestion entraîne une mauvaise exécution des plans de gestion.
- l’absence de formation expose le personnel au danger malgré la présence de matériel de protection.

I-2-7 Impacts du risque
L’expression du risque est source de dommages aux conséquences mesurables sur plusieurs plans. Nous avons essayé d’en étudier un certain nombre, de les évaluer économiquement. Les impacts sont estimés pour une période de douze mois.

Nous avons rapporté la charge financière dans chaque cas d’accident ou de maladie au nombre de victimes estimées. Cette charge couvre les prises en charge biologique, pharmaceutique et en hospitalisation si cela était nécessaire.

Ce travail nous a conduits dans des services compétents. Selon la nature des risques étudiés, nous nous sommes rendus dans les services du PPH du CHU de TREICHVILLE pour ce qui concerne les risques infectieux à Mycobactérie, au Service des Maladies Infectieuses et Tropicales, au CeDReS et à l’USAC du même CHU pour ce qui concerne les infections à VIH, au service de cancérologie pour ce qui concerne les risques cancéreux , au service des grands brûlés d’Abidjan à COCODY pour ce qui concerne les risques d’incendie et de brûlure grave.
Concernant la morbidité, elle se traduit essentiellement par le taux d’absentéisme au service. Pour sa charge, nous avons pris un taux d’absentéisme d’un jour sur trois ouvrables pour une période de six (6) à douze (12) mois. Un forfait de dix jours est pris pour les affections les plus simples. Nous déterminons alors le temps perdu par les malades pour chaque pathologie. Nous avons ensuite calculé la recette moyenne journalière du laboratoire.

Après avoir déterminé la recette moyenne per capita (recette moyenne par tête du personnel technique), nous en avons déduit la perte économique moyenne.
Nous avons étudié le coût de l’absentéisme engendré par l’état de morbidité du personnel technique.


































II RESULTATS





















Nos résultats sont présentés en six sous-chapitres :

- les Dangers

- les Risques

- les résultats de l’exploitation de la fiche d’enquête

- les considérations économiques

- l’Organisation architecturale et accessoire

- le Management de l’Hygiène et de la Biosécurité.


























II-1 LES DANGERS

Les Dangers sont présentés dans des tableaux à deux entrées.

La première entrée comporte les différents Dangers, c’est-à-dire les différents microorganismes isolés au laboratoire.

La deuxième entrée comporte la classe microbiologique du Danger, le nombre total de tests réalisés pour rechercher chaque microorganisme (Danger), le nombre de tests positifs réalisés, l’indice d’exposition à chacun de ces Dangers, leur Profil Indiciaire et enfin le numéro d’ordre d’hiérarchisation des Dangers les plus significatifs aux moins significatifs (pour les Dangers biologiques).

Concernant les produits ou matériels dangereux, la première entrée comporte les différents groupes. La deuxième comporte la fréquence d’utilisation de chacun, son indice d’exposition, le facteur de risque relatif ou le facteur de risque intrinsèque, le Profil Indiciaire et le numéro d’ordre d’hiérarchisation des Dangers les plus significatifs aux moins significatifs.















Tableau II : Dangers biologiques

classe Nombre total
de tests
Nombre de tests positifs Indice d’exposition Profil indiciaire du danger
N°d’ordre
VIH 3 849 829 97.6 18739.2 1
Mycobacterium tuberculosis 3 366 41 11.2 6406.4 2
VHB 3 55 14 25.45 4886.4 3
Treponema pallidum 2 142 13 9.22 3245.44 4
Entamoeba histolytica 2 324 20 6.1 976 5
Eschérichia coli 2 623 16 2.56 901.12 6
Enterobacter 2 623 12 1.92 675.84 7
Ankylostoma duodenalis 2 324 13 4.0 640 8
Staphylocoque 2 623 6 0.96 337.92 9
Klebsiella pneumoniae 2 623 5 0.8 281.6 10
Giardia intestinalis 2 324 5 1.54 246.4 11
Shigella dysentériae 3 623 2 0.32 180.48 12
Pseudomonas aeruginosa 2 623 3 0.48 168.96 13
Acinétobacter 2 623 2 0.32 112.64
14

Protéus mirabilis 2 623 2 0.32 112.64
Streptocoque pneumoniae 2 623 2 0.32 112.64
Dicrocoelium dentriticum 2 324 6 0.6 96 15
Candida albicans 1 324 5 1.54 86.24 16
Anguillule 2 324 5 0.3 48 17

Le VIH, le Mycobacterium Tuberculosis et le VHB sont les Dangers biologiques majeurs.





Tableau III ; Dangers chimiques, thermiques, physiques, électriques, radioactifs

Fréquence d’utilisation Indice d’exposition Facteur de risque relatif Profil indiciaire du danger N°
d’ordre



Dangers
chimiques Ether tous les jours 100 2 22400 1
Gaz butane tous les jours 100 2 21600 2
H2S Tous les jours 100 2 12800 3
Xylène ou Toluène Une fois/semaine 20 2 4480
4
Acide ou Base Une fois/semaine 20 2 2720 5


Dangers
thermiques Feu Tous les jours 100 4 89600 1
Poupinelle Tous les jours 100 4 43200 2
Autoclave Chaque deux jours 50 4 21600 3
Plaque chauffante Chaque deux jours 50 4
19200
4
Coagulateur Chaque deux jours 50 4 19200
Distillateur Une fois/semaine 20 4 8640 5

Dangers
physiques Aiguille Tous les jours 100 2 19200 1
Vitre Tous les jours 100 1 4800 2
plafond Tous les jours 100 1 3200 3
Milieux de
Culture en poudre Chaque deux jours 50 2 2700 4
Mur Tous les jours 100 1 400 5
Danger
électrique électricité Tous les jours
100
2
22400
01
Dangers
radioactifs Carbone 14 et charbon actif Tous les jours
100
2
22400
01

Les Dangers à priorisés dans la stratégie de Gestion sont l’éther, le feu, l’aiguille de prélèvement.

II-2 Les Risques
- Concernant les Risques liés aux microorganismes, ils sont présentés dans des tableaux à deux entrées. La première entrée comporte les différents Dangers et leur classe microbiologique. La deuxième comporte les facteurs et les situations favorisant leur survenue, les Risques, leur Gravité, leur Fréquence, leur Détectabilité, leur Criticité et le numéro d’ordre d’hiérarchisation des plus significatifs aux moins significatifs.
- La même présentation est faite pour les Risques liés aux autres Dangers.
Tableau IV : Risques liés aux bactéries de la classe II (Risques biologiques)
Dangers Facteurs et situations favorisants Risques Gravité Fréquence Non Détectabilité Criticité N°
D’ordre


bactéries

classe II
Blouses non adaptées Souillure de vêtements civils 2 4 4 32
1
Manque d’étanchéité, absence de lavabo, absence de vestiaire Souillure locale 2 4 4 32
Mains souillées, entretien inadéquat contamination 2 4 4 32
Absence de poste de sécurité,
Gestes non contrôlés Aérosol 2 3 4 24 2
Port de stylo de travail à la bouche, onychophagie, consommation d’aliments au laboratoire intoxication 2 3 3 18 3
Ouverture de la peau non protégée, contact avec la muqueuse infectieux 2 4 2 16
4
Rejet d’objets souillés dans la nature,
Laboratoire non fermé Pollution environne-
mentale 2 2 4 16
Rejet de cultures sans destruction,
Transport de blouse souillée en lieux propres épidémie 2 1 3 6 5


Les accidents surviennent lors des manipulations ou pour mauvaise gestion des objets et des matières souillés
Risques biologiques
Tableau V : Risques liés aux bactéries de la classe III

Dangers bactériens
Facteurs et situations favorisants
Risques Gravité Fréquence Non Détectabilité Criticité N°
D’ordre





Bactéries
Classe III Mains souillées, entretien inadéquat contamination 3 4 4 48

1
Blouses non adaptées Souillure de vêtements civils 3 4 4 48
Manque d’étanchéité, absence de lavabo, absence de vestiaire Souillure locale 3 4 4 48
Port de stylo de travail à la bouche, onychophagie, consommation d’aliments au laboratoire intoxication 3 3 4 36 2
Ouverture de la peau non protégée, contact avec la muqueuse infectieux 3 3 3 27

3
Rejet de cultures sans destruction
Transport de blouses souillées en lieux propres épidémie 3 3 3 27
Rejet d’objets souillés dans la nature
Laboratoire non fermé Pollution environnementale 3 2 4 24
4
Absence de poste de sécurité
Gestes non contrôlés Aérosol 3 2 4 24


Les infections causées par les bactéries de la classe III sont très sérieuses avec un pronostic inquiétant.




Risques biologiques
Tableau VI : Risques liés aux parasites de la classe II

Dangers Facteurs et
Situations
favorisants Risques Gravité Fréquence Non Détectabilité Criticité N°
D’ordre
Parasites
Classe II










Port de stylo de travail à la bouche, mains nues, onychophagie


infestations
2
4
4
32
1
Consommation
D’aliments au laboratoire ou
Non nettoyage
Du poste de travail.

infestations

2

3

4

24

2


Virus
Classe III










Absence de
Masque, vortexage de tubes non bouchés
Non port de gants,
Mauvais entretien du
Poste de travail


contamination

3

4

4

48








1
Piqûre ou coupure
D’objets souillés.
Ouvertures de peaux
Non protégées
Contact de produits
Souillés avec les muqueuses.


Infection

3

4

4

48

La contamination et l’infection au virus de classe III ont la même criticité.




Risques chimiques
Tableau VII : Risques liés aux produits toxiques, corrosifs, inflammables, explosifs, mutagènes, cancérigènes.
Dangers chimiques Facteurs et
Situations
favorisants Risques Gravité Fréquence Non
Détectabilité
Criticité N°
D’ordre
Produits toxiques Inhalation
Consommation
D’aliments.
Pipetage à la bouche Attaque hépatique
Troubles respiratoires 4 4 4 64 1
Troubles hématologiques
4 3 4 48 2

Produits
corrosifs

Manipulation
sans protection Brûlure,
Corrosion dermique
3
3
4
36
1
Contact avec
matériel de
travail
destruction
2
4

4
32
2

Produits inflammables
et toxiques Proche d’une
Source de
chaleur incendie
4
4
4
64
1
fuite incendie 4 2 4 32 2
Conduit périmé fuite 3 2 2 12 3

Produits
explosifs Proche d’une
Source de chaleur explosion
4
4
4
64
1
Mélange ignorant explosion 4 3 4 48 2
Produits
mutagènes Manipulation
par une femme
enceinte. Mutation
génétique

4
4
4
64
1
Produits
cancérigènes Manipulation
sans protection
exposition prolongée
cancer
4
3
4
48
1

L’attaque ou les troubles hépatiques, les incendies d’origine chimique, les explosions et les mutations génétiques d’origine chimique ont une criticité élevée.




Autres Risques
Tableau VIII: Risques liés aux instruments de travail tranchants et au feu
Dangers Facteurs et
Situations
favorisants Risques Gravité Fréquence Non Détectabilité
Criticité N°
D’ordre

physiques

Objets métalliques
Piquants ou
tranchants
Piqûre par
Objets souillés,
contaminés infection
4
4 4 64
1


Recapuchonnage
Ou manipulation
Sans précaution
Piqûres
2
4
4
32
2
Danger thermique



Feu Proche de produits
inflammables Incendie
de
source inflammable 4 4 4 64
1
Absence d’extincteurs Incendie
Grave 4 4 4 64
Proche de produit
combustible Incendie de source combustible 4 3 4 48
2
Portes ouvrant
Sur l’intérieur Étouffement
en cas d’incendie
3
4
4
48




Autoclave Autoclavage
de matériel avec
trace de produits
explosifs ou fla-
cons remplis à
fond.

explosion 4
2
4 32



1


Court-circuit.
Mauvais usage.
Manque d’entretien

incendie
4
2 4
32
Ouverture avant
Refroidissement. Brûlure
4 3 1 12 2
Mise sous
tension en
absence.
incendie 4 2 1 8 3
Les infections provoquées par les objets tranchants ou coupants souillés, les incendies de sources combustibles et les explosions d’autoclaves sont prioritaires dans la gestion du Risque.


Autres Risques
Tableau IX : Risques liés au Poupinelle et à la plaque chauffante
Dangers thermiques Facteurs et
Situations
favorisants Risques Gravité Fréquence non. Détectabilité
Criticité N°
D’ordre




Poupinelle

Court-circuit.
Introduction de
Matières inflammables, manque
D’entretien.


incendie

4

4

4

64

1
Introduction de
Matière explosive.
explosion
4
2
4
32
2
Ouverture avant
Refroidissement. brûlure 3 1 4 12 3


Plaque
chauffante
Mise sous
tension en
absence.
incendie

4
4
4
64
1

Mauvais entre-
tien
électrocution
4
2
4
32
2

Le risque le plus redoutable auquel le poupinelle et la plaque chauffante nous exposent au laboratoire est l’incendie.










Autres Risques
Tableau X : Risques liés à l’électricité et aux produits radioactifs
Dangers
électriques Facteurs et
Situations
favorisants Risques Gravité Fréquence non Détectabilité
Criticité
N°d’ordre





électricité
Fils électriques dénudés ou passant dans l’humidité.
Intervention sur appareil sous tension

électrocution

4

4

4

64

1
Fils électriques dénudés ou passant dans l’humidité.
Intervention sur appareil sous tension

électrisation


3

4

4

48

2
Produits
et matériel
radioactifs

Exposition
Aux irradiations Stochastiques
(effets aléatoires)
4
4
4
64
1
Déterministes
(effets connus)
4
3
4
48
2

L’électrocution et les risques stochastiques d’origine radioactive sont à redouter au laboratoire.


II-3 Résultats de l’exploitation des fiches d’enquête
- Ces résultats nous ont permis d’évaluer les probabilités de survenue des Accidents liés aux Risques à travers les caractéristiques et le comportement du personnel.
Étude des caractéristiques et du comportement du personnel du CeDReS
Tableau XI : Profil des travailleurs
Travailleurs Nombre Pourcentage Fonction Formation continue Domaine
Techniciens supérieurs
de laboratoire
7
46.6 % Techniciens de laboratoire
2 Gestion des
Risques et
Hygiène au laboratoire
Ingénieurs
des techniques sanitaires
2
13.3 % .surveillant
.encadreur
1 biosécurité

Biologistes
3
19.9 % formateurs
Responsables

1 Assurance
qualité
Aides au laboratoire 3 20 % -aide technicien
-technicien de surface
0
TOTAL 15 100 % 4

La composition du personnel est satisfaisante.
Tableau XII : Engagement du personnel en matière d’Hygiène et
Biosécurité.
Sait l’existence
d’un comité Sait la méthode de
Gestion au CeDReS Est membre de ce comité
Techniciens supérieurs
de laboratoire (N=7)
2
1
0
Ingénieurs
des techniques (N=2)
0
0
0

Biologistes (N=3)
1
1
1
Aides au laboratoire (N=3) 1 1 0
TOTAL 4 3 1

L’engagement du personnel en matière d’Hygiène et Biosécurité n’est pas satisfaisant.
Tableau XIII: Connaissances théoriques sur l’Hygiène et la Biosécurité

Hygiène Biosécurité Risque Accidents
Techniciens supérieurs
de laboratoire (N=7)
1
2
0
1
Ingénieurs
des techniques sanitaires (N=2)
1
1
0
0

Biologistes (N=3)
2
1
2
2

Aides au laboratoire (N=3)
0
1
1
1
TOTAL 4 5 3 4
Moins d’un tiers de l’effectif du personnel maîtrise les notions d’Hygiène et Biosécurité.
Tableau XIV: Connaissances sur les mesures de protection individuelle et collective
Exigence du port de gant Importance de chaussures
Spéciales au laboratoire Connaissance des différents
Types d’extincteurs Domaines d’application

CO2 H2O Poudre
Techniciens supérieurs
de laboratoire (N=7)
6
4
0
0
0
0
Ingénieurs
des techniques sanitaires (N=2)
2
2
1
1
1
1

biologistes (N=3)
2
2
1
1
1
0
Aides au laboratoire (N=3) 1 1 0 0 0 0
TOTAL 12 9 2 2 2 1
Le personnel dans son ensemble ne maîtrise pas les mesures de protection individuelle et collective

Tableau XV : Connaissance sur les mesures de protection individuelle
Caractéristiques d’une blouse de laboratoire

Manches longues Blouse en dessous
Des genoux Protection du
travailleur
Techniciens supérieurs
de laboratoire (N=7)
5
5
5
Ingénieurs
des techniques (N=2)
2
2
2

biologistes (N=3)
2
2
3
Aides au laboratoire (N=3) 1 1 1
TOTAL 10 10 11

La majorité du personnel connaît les caractéristiques d’une blouse.

Tableau XVI: Mesure d’Hygiène
Nettoie son poste de travail
Techniciens supérieurs
de laboratoire (N=7)
3
Ingénieurs
des techniques sanitaires (N=2)
2

Biologistes (N=3)
1
Aides au laboratoire (N=3) 1
TOTAL 7

Moins de la moitié de l’effectif technique respecte les mesures d’Hygiène.




Tableau XVII: Mesure de protection individuelle : Vaccination

Fièvre typhoïde Fièvre jaune Hépatite B méningite tuberculose tétanos polio diphtérie
Techniciens supérieurs
de laboratoire
(N=7)
7
7
7
7
5
7
3
2
Ingénieurs
des techniques
(N=2)
0
1
1
1
0
1
1
1

Biologistes
(N=3)
3
3
3
3
3
3
0
0
Aides au laboratoire
(N=3) 1 1 1 1 1 1 0 0
Totaux 11 12 12 12 9 12 4 3

La protection du personnel par la vaccination est satisfaisante.

Tableau XVIII : Antécédents de maladies infectieuses autre que le paludisme au laboratoire.

infecté Nature de l’infection date
Techniciens supérieurs
de laboratoire (N=7)
0
-
-
Ingénieurs
des techniques (N=2)
0
-
-

Biologistes (N=3)
2
Fièvre typhoïde 2005
2007

Aides au laboratoire (N=3) 1 Fièvre typhoïde -
TOTAL 2 Fièvre typhoïde 2005/2007

Seulement environ un dixième de l’effectif du personnel technique a souffert de maladies infectieuses autre que le paludisme.



Tableau N° XIX: Accidents de travail.

Victime d’accident
nature Prise en charge
Techniciens supérieurs
de laboratoire (N=7)
1
AES
Oui
Ingénieurs
des techniques (N=2)
0
- -

Biologistes (N=3)
0 - -
Aides au laboratoire (N=3) 1 AES Oui
TOTAL 2

Seulement environ un dixième de l’effectif du personnel a été victime d’un accident de travail.

Tableau n °XX : Décès suspect de travailleurs

Souvenance du
Décès d’un col-
lègue Courte maladie Longue maladie
Techniciens supérieurs
de laboratoire (N=7) 0
-
-
Ingénieurs des techniques (N=2) 1 oui
Biologistes (N=3) 0 - -
Aides au laboratoire (N=3) 1 oui -
TOTAL 2 oui oui

Seulement environ un dixième de l’effectif du personnel a souvenance de la mort suspecte d’un collègue.





II-4 Considérations économiques
Dans le premier tableau, après avoir estimé le nombre de personnes exposées par Danger identifié, nous avons calculé le taux d’accidents probables, le nombre d’accidentés éventuels et appliqué ce nombre au montant individuel de prise en charge pour en déterminer la valeur économique pour une période de douze mois au maximum.

Dans un deuxième tableau, nous avons estimé la perte économique due à l’état de morbidité par l’absentéisme. Cela nous a amenés à déterminer l’incidence de morbidité qui est le pourcentage de malades par rapport au nombre d’accidentés estimés. Nous avons estimé que les malades travaillent un jour sur trois dans l’année. Nous avons ainsi déterminé la perte économique en appliquant le temps perdu au coût financier estimé auparavant en calculant la recette journalière par tête des travailleurs.

Dans un troisième tableau, nous avons estimé la charge du décès. L’indice de létalité (taux de décès des malades) nous a permis d’estimer le nombre de décès probable qui est appliqué à la charge fixe de l’entreprise.

Nous avons enfin résumé la considération économique du Risque dans un histogramme.








Tableau XXI : Prise en charge de l’accident
dangers nombre
d’exposés Taux d’accidents nombre
d’accidentés Charge individuelle montants
HIV 18 48.8 % 8.784 280000 2459520
Mycobacterium tuberculosis 05 5.6% 0.28 350000 98000
VHB 18 12.73% 2.2914 140000 320796
Treponema pallidum. 18 4.61% 0.8298 10000 8298
Entamoeba histolytica. 03 3.05% 0.0915 10000 915
Ether 02 50 % 1 12399996 12399996
Gaz butane 40 50 % 20 12399996 247999920
H2S 02 50 % 1 3844880 3844880
Xylène ou
Toluène 12 10 % 1.2 3844880 4613856
Acide ou Base 05 10 % 0.5 100000 50000
Feu 40 50 % 20 12399996 247999920
Poupinelle 02 50 % 1 100000 100000
Autoclave 02 25 % 0.5 100000 50000
Plaque chauffante 08 25 % 02 10000 20000
Coagulateur 01 25 % 0.25 10000 2500
Aiguille 01 50% 0.5 42000 21000
électricité 40 50% 20 12399996 247999920
Total général 767989521

Pour chaque danger, seul le risque le plus significatif est pris en compte.












Tableau XXII : Impacts économiques de la morbidité

Dangers Nombre
D’accidentés Incidence
morbide Nombre de malades Taux d’absen- téisme
(j/malade) Temps
perdu Coût
financier
journalier
Perte
écono-
mique
(millions de FCFA)
HIV 8.78 100% 8.78 80 702.7j 81898 .41 57.55
Mycobacterium tuberculosis 0.28 100%
0.28 40 11.2j 81898 .41 0.92
VHB 2.29 100% 2.2914 80 183.3j 81898 .41 15.01
Treponema pallidum. 0.83 100% 0.83 10 8.3j 81898 .41 0.68
Entamoeba histolytica. 0.09 100% 0.09 10 1j 81898 .41 0.074
Ether 1 100% 1 80 80j 81898 .41 0.0065
Gaz butane 20 100% 20 80 1600j 81898 .41 131.03
H2S 1 100% 3.5 80 280j 81898 .41 22.93
Xylène ou
Toluène 1.2 100% 1.2 80 96j 81898 .41 7.86
Acide ou Base 0.5 100% 0.5 80 40j 81898 .41 3.27
Feu 20 100% 20 80 1600j 81898 .41 131.03
Poupinelle 1 100% 1 80 80j 81898 .41 6.55
Autoclave 0.5 100% 0.5 80 40j 81898 .41 3.27
Plaque chauffante 02 100% 02 80 160j 81898 .41 13.10
Coagulateur 0.25 100% 0.25 80 20j 81898 .41 1.64
Aiguille 0.5 20% 0.01 80 0.8j 81898 .41 0.065
électricité 20 100% 20 80 1600j 81898 .41 131.03
TOTAL 526.0155

Les brûlures par le Feu, le gaz et l’électricité sont les accidents les plus couteux dont la prise en charge prédictive s’élève à 131,03 millions de franc CFA par année.




Tableau XXIII : Impacts économiques de la létalité

Dangers Nombre de
malades Indice de létalité Nombre
de décès Charge
funéraire Charge
totale
HIV 8.78 38.7% 3.4 200000 680000
Mycobacterium tuberculosis 0.28 44.5% 0.12 200000 24000
VHB 2.29 21.8% 0.50 200000 100000
Treponema Pallidum 0.83 00% 00 200000 00
H2S 1 100% 1 200000 200000
Toluène 1.2 100% 1.2 200000 240000
Entamoeba histolytica 0.09 3.8% 0.0035 200000 700
Poupinelle 1 100% 1 200000 200000
Autoclave 1 100% 1 200000 200000
Plaque chauffante 2 100% 2 200000 400000
Ether 1 100% 1 200000 200000
feu 20 100% 20 200000 4000000
Gaz butane 20 100% 20 200000 4000000
Acide/base 1 100% 1 200000 200000
Aiguille 0.50 100% 0.50 200000 100000
Coagulateur 0.25 100% 0.25 200000 50000
électricité 20 100% 20 200000 4000000
Total général 14594700

Les incendies touchant mortellement la quasi-totalité du personnel engendrent une prise en charge funéraire plus importante.



Figure 1 : vue générale des impacts économiques du risque













II-5 Organisation architecturale et accessoires
Cette étude nous a permis d’apprécier la situation sécuritaire du CeDReS au regard des normes en vigueur.

Architecture
Tableau XXIV : le type de vestiaire du laboratoire
Mixte séparé Avec point
Point d’eau Sans point
d’eau
vestiaire Oui non non oui
Les vestiaires sont mixtes et sans point d’eau.

Tableau XXV : le sens d’ouverture des portes du laboratoire
Ouvrant sur l’intérieur Ouvrant sur l’extérieur
Portes d’entrée oui non
Les portes d’entrée des laboratoires s’ouvrent sur l’intérieur.

Tableau XXVI : le type de paillasse du laboratoire
centrale murale
paillasse non oui
Les paillasses sont murales dans tous les laboratoires.

Tableau XXVII : l’étanchéité au laboratoire
étanche Non étanche
sol oui non
Le planché du laboratoire est étanche.

Tableau XXVIII : la compartimentation du laboratoire
Séparés de l’espace technique Contigus ou confondus
à l’espace technique
bureaux oui non
Les bureaux du service sont séparés des salles de laboratoire

Tableau XXIX : les points d’accès au laboratoire
séparées uniques
Entrée et sortie non oui
Une seule porte du laboratoire sert de sortie et d’entrée.

Equipements accessoires :
Tableau XXX : le type de tabouret dans le laboratoire
réglables Non réglables


Tableau XXXI : le système de fonctionnement de la climatisation au laboratoire
centrale individuelle
Climatisation oui oui
La climatisation fonctionne selon deux systèmes : central et individuel.


II-6 Management de l’Hygiène et de la Biosécurité
Nous avons analysé et apprécié chaque élément de gestion.
Tableau XXXII : la politique de gestion de l’Hygiène et de la Biosécurité au laboratoire
Définie Plan d’action
élaboré
Politique non non
Une politique de gestion de l’Hygiène et de la Biosécurité reste à définir

Tableau XXXIII : l’engagement du laboratoire à la politique de gestion
Mise en place de
comité
d’Hygiène et de biosécurité Nomination d’un
responsable Insertion du
Responsable
dans l’organi-
gramme Diffusion
des documents
Engagement Oui oui oui non
L’engagement à la politique de gestion n’est pas total







Gestion de l’Hygiène au CeDReS
Tableau XXXIV : le niveau d’assurance de l’entretien au laboratoire
Equipe d’entretien Nature du produit utilisé dosage Périodicité de l’entretien
Entretien du sol et des salles techniques 1 agent prestataire Détergent- désinfectant
20 ml pour 8 litres d’eau 2 fois par jour
L’entretien au CeDReS est bien assuré.

Tableau XXXV : le type de méthode de balayage au laboratoire

Balayage à sec

aspiration
Essuyage à la serpillière
Dessiccation automatique
Techniques d’entretien

oui
non
oui
non
La méthode technique d’entretien au CeDReS est le balayage à sec.

Gestion de la biosécurité au CeDReS
Tableau XXXVI : l’accoutrement de protection au CeDReS

PSM

Cache- nez

Lunette de protection
coiffe
Pantalon+blouse

Gants à usage unique

biosécurité
oui
Oui
oui
non
non
oui
L’accoutrement normal au laboratoire est ignoré du personnel









Gestion des déchets au CeDReS
Tableau XXXVII : la qualité de la gestion des déchets au CeDReS


pré collecte

Prétraitement
Entreposage
Traitement
Matériel et moyens de gestion
Boîtes de sécurité
Poubelles à pédales
Autoclave
Solution d’hypochlorite de sodium

Espace libre
Incinérateur non disponible

La gestion des déchets au CeDReS est incomplète.


































III-DISCUSSION











DANGERS ET RISQUES BIOLOGIQUES :
À l’issue de notre étude, nous avons ressorti que les Virus du SIDA, de l’hépatite B et le Mycobacterium tuberculosis sont les Dangers biologiques les plus exposants à des Risques plus significatifs avec des PID importants (tableau II). D’autres sources consultées confirment ces résultats.

En effet, l’organisation genevoise pour la formation et la recherche médicale avec O. RUTSCHMANN de la division des maladies infectieuses de l’unité SIDA publiait :
- Le risque de contamination par le virus d'immunodéficience humaine (VIH) ou par les virus des hépatites B ou C est une source d'anxiété certaine dans le corps médical. Les premiers cas de contaminations accidentelles aux USA ont été décrits dès 1984. En Suisse, près de 22 000 infections par le VIH ont été rapportées (fin juin 1996) dont plus de 5 000 ont évolué vers le SIDA [36].
- Le risque de contamination professionnelle est fonction de la prévalence de la maladie dans le service et du statut du malade-source, du liquide contaminant, du type d'accident et de la quantité de liquide transmise. (Dominique Benmoura du service de gynécologie obstétrique de l’hôpital de la conception de Marseille) [4].
Puisque la co-infection VIH/bacille de koch est de plus en plus rapportée par les recherches, nous disons que le risque d’infection du professionnel de laboratoire est réel.
En 2003, 11.323 décès sont dus à la tuberculose, quand 17 678 décès résultaient de la co-infection avec le VIH/SIDA. Enfin, la tuberculose constitue la principale cause de décès et d’infection opportuniste chez les personnes vivant avec le VIH/SIDA avec respectivement une prévalence de 32% et 36%.(Dominique Benmoura du service de gynécologie obstétrique de l’hôpital de la conception de Marseille) [4].
Qu’est-ce qu’explique la prédominance des expositions au VIH, au VHB, à la tuberculose ?
Le risque de contamination par le virus de l’hépatite B lors d’un accident professionnel est de 10 à 30% si la source est porteuse du virus (Ag HBs positif et Ag HBe positif) (Document créé par CPC – actualisé en juillet 2008) [33].

L’évaluation du risque de transmission du VIH est délicate et dépend du type d’exposition, du statut VIH de la source, de sa charge virale … L’appréciation du Risque est encore plus difficile si le statut VIH de la source est inconnu.

Le taux moyen de transmission du virus en cas d’accident professionnel par contact percutané est de ± 0,3%. Ce Risque est majoré lors d’une plaie profonde, provoquée par un objet présentant du sang visible, et/ou si l’objet était placé dans une artère ou une veine, si l’aiguille est creuse plutôt que pleine (suture).

Le taux est de ± 0.09% pour un contact par des muqueuses et encore inférieur sur une peau lésée. Le risque de contamination par des liquides corporels ou des tissus n’a pas été analysé, mais est supposé moindre que par du sang infecté. [4].

À partir de ces données, nous disons que la prédominance de ces trois Dangers s’explique par la potentialité infectieuse des échantillons reçus dans ce service.

Selon un rapport de l’Organisation des nations unies engagée dans la lutte contre le Sida (ONU sida), le sida est devenu la première cause de décès chez les adultes en Côte d’Ivoire [35]. Cela explique encore la proportion élevée du Danger VIH au CeDReS.
En 2006, le nombre de nouveaux cas de tuberculose en Côte d’Ivoire est estimé à 70.220, soit une incidence de 393 cas pour 100.000 habitants. L’incidence de la tuberculose pulmonaire à microscopie positive, la forme la plus grave, est de 169 pour 100.000 habitants. Selon les mêmes sources [35].
Les facteurs et situations d’exposition aux Dangers identifiés au CeDReS, à savoir, le non port de gants au cours des manipulations, l’exposition des effets personnels aux Dangers biologiques, la mauvaise utilisation des moyens de protection individuelle et collective sont autant d’indices justifiant l’intérêt de cette étude.
La prise en charge de ces Dangers biologiques les plus significatifs va concourir à la garantie de la santé du personnel.

DANGERS ET RISQUES CHIMIQUES
Pour ce qui concerne les Dangers chimiques identifiés, la méconnaissance de ces Dangers résultant de l’ignorance par le personnel des phrases de risques et des conseils de prudence inscrits sur les emballages de ces Dangers, constitue un facteur de risques important dans la gestion ou l’utilisation de ces produits chimiques.
L’éther et le gaz butane sont des produits chimiques dont le caractère inflammable constitue le risque le plus significatif. Le comportement du personnel dans leur manipulation constitue un facteur de risque d’incendie ou d’explosion. Cependant l’éther a un effet hépatotoxique qui reste négligeable.

L’hydrogène sulfuré (H2S), lorsqu’il est présent à de fortes concentrations, il paralyse les nerfs olfactifs, ce qui le rend indétectable et d’autant plus dangereux. L’H2S peut ainsi être à l’origine de graves troubles oculaires, respiratoires, voire cérébraux. Une exposition de courte durée à de fortes concentrations d’H2S (de l’ordre de 500 à 1000 ppm) entraîne rapidement une paralysie respiratoire pouvant conduire à la mort [12].
Pour prévenir et contrôler ces risques dus à l’hydrogène sulfuré, Le Ministère du Travail français impose les normes suivantes [34]: Valeur Moyenne d’Exposition (VME) = 5 ppm, Valeur Limite d’Exposition (VLE) = 10 ppm.
Ce produit expose tous les techniciens qui travaillent sur les paillasses de microbiologie à des risques certains s’ils ne sont pas bien sensibilisés à l’utilisation efficiente des moyens de protection mis à leur disposition.
En effet, la mauvaise manipulation des cultures de souches bactériennes productrices d’hydrogène sulfuré est dangereuse si les manipulateurs ne se protègent pas.

Le toluène : il est dangereux et expose à des risques tels que :
Les douleurs abdominales, les nausées, les vomissements, les diarrhées, les troubles de la conscience/de la mémoire, la Toux, la fièvre, les pneumopathies, la dyspnée, l’euphorie, les hallucinations, la fatigue, les vertiges, la faiblesse musculaire, les insomnies, la confusion mentale, les troubles de coordination, la diminution de la fréquence cardiaque, les arrêts respiratoires, l’irritation, les insomnies, l’incendie, l’explosion, la dégradation de matières plastiques. Il expose à différents types de risques qui sont :
 Les Risques aigus (exposition brève) :

- par ingestion du toluène : Douleurs abdominales, nausées, vomissements, diarrhées, trouble de la conscience (voire coma),
- par inhalation : Toux, fièvre, pneumopathie, dyspnée, euphorie, hallucinations, fatigue, vertiges, faiblesse musculaire, insomnies, confusion mentale, troubles de coordination, diminution de la fréquence cardiaque et arrêts respiratoires peuvent apparaître selon la concentration et la durée d’exposition aux vapeurs de toluène.
- par contact avec le toluène : irritation des yeux et dermatoses d’irritation.

 Risques chroniques
L’exposition prolongée au toluène provoque des troubles de la mémoire, de la concentration et de la personnalité, des Insomnies, la diminution de la performance intellectuelle, des dermatoses d’irritation chroniques liées à l’action desséchante et dégraissante du toluène sur la peau selon l’importance de l’exposition.

 Autres risques liés au toluène
Il s’agit d’Incendies et explosions liés à la réaction vive du toluène avec des oxydants forts, le tétranitrométhane, des produits tels que l’acide nitrique concentré et des mélanges acide nitrique/acide sulfurique, la dégradation de certaines matières plastiques (caoutchouc naturel, nitrile, PVC mais pas les polymères fluorés).


Les acides et les bases sont redoutés pour leur causticité. Ils sont responsables de brulures graves.

Le personnel de laboratoire est d’autant plus exposé qu’il utilise quotidiennement le toluène pour le nettoyage des microscopes.

Près de dix huit millions de produits chimiques existent et se présentent sous des formes multiples. Les risques liés à leur utilisation dépendent de leur capacité à interagir avec d'autres produits chimiques. Les risques peuvent être liés à leurs propriétés physico-chimiques (état physique, solubilité, inflammabilité, instabilité donnant lieu à des explosions ou à des réactions vives avec l'eau, l'oxygène de l'air ou d'autres produits de l'environnement) ou à leurs propriétés toxiques (irritations, brûlures, asphyxies, allergies, intoxications aiguës, troubles nerveux, digestifs, hépatiques, rénaux, effets génotoxiques, cancérogènes ou toxiques pour la reproduction...). Le cas particulier de l’exposition de la femme enceinte est plus patent. Les femmes enceintes ou allaitantes ne peuvent être affectées ou maintenues à des postes de travail les exposant à des agents avérés toxiques pour la reproduction, ni au benzène.

Le chef d’établissement est tenu d’évaluer en tant que de besoin, la nature, le degré et la durée de l’exposition du personnel à des produits CMR (Cancérigènes, Mutagènes, Reprotoxiques).

Des contrôles techniques destinés à vérifier le respect des valeurs limites d’exposition doivent être réalisés par un organisme agréé, au moins une fois par an ou après toute modification des installations.

Le personnel doit être informé des effets de son exposition à des agents CMR sur la fertilité, l’embryon, le fœtus et pour l’enfant en cas d’allaitement.
Cette information doit sensibiliser les femmes quant à la nécessité de déclarer le plus précocement possible leur état de grossesse au médecin.

Le chef d’établissement doit également tenir une liste actualisée des personnels susceptibles d’être exposés à des agents CMR, et pour chacun d’entre eux, établir une fiche d’exposition comprenant les informations suivantes :
- la nature du travail effectué,
- les caractéristiques des produits,
- les personnes exposées,
- les autres risques ou nuisances d’origine chimique, physique ou biologique,
- les dates et les résultats des contrôles de l’exposition individuelle,
- la durée et l’importance des expositions accidentelles [41].

DANGERS ET RISQUES THERMIQUES
Le feu, le poupinelle, l’autoclave, la plaque chauffante, le coagulateur, le distillateur sont les Dangers thermiques identifiés au CeDReS.
Le feu est le Danger thermique le plus significatif, il est utilisé tous les jours au laboratoire de Microbiologie.
Selon GILGENMANN Grégory Chaque année en France, plusieurs milliers d’incendies se déclenchent dans le milieu professionnel [18].
De 1992 à 2005 la moitié des accidents technologiques ont eu pour cause ou conséquence un incendie, soit environ 11.000 accidents. Ces chiffres montrent bien la place du feu dans la stratégie de gestion du risque [19].

DANGERS ET RISQUES ELECTRIQUES
L’électricité est la source énergétique principale d’alimentation au laboratoire du CeDReS. Notre étude nous a permis d’obtenir une estimation prédictive du risque important d’électrocution et d’électrisation (voir tableaux X, XXI, XXII). Cette estimation est en conformité avec la médecine du travail française qui publie en 2005 que l’accident professionnel par électrocution est responsable de 200 morts et de plusieurs milliers de blessés par an en France [22].
Selon le Docteur Bikaba du centre des grands brulés d’Abidjan, il y a environs 25 individus électrisés reçus par an dans ce service. Ces informations confirment bien l’intérêt de la prise en charge du Risque électrique.

CARACTERISTIQUES ET COMPORTEMENT DU PERSONNEL TECHNIQUE AU CeDReS
La composition du personnel technique est complète. Elle respecte les indications du GBEA. Cela est un atout pour une gestion de la biosécurité car en la matière, la compétence dans l’exécution des tâches est indispensable [1].

ENGAGEMENT DU PERSONNEL
Notre étude a révélé que le personnel dans sa majorité n’est pas engagé. Cela est contraire au GBEA et à la norme ISO 14001. Cela traduit la non implication du personnel dans la mise en place du système de gestion.

CONNAISSANCES THEORIQUES SUR L’HYGIENE ET LA BIOSECURITE
Moins du tiers du personnel a une connaissance sur le terme. Cela traduit le manque de formation dès l’embauche. Ceci traduit la non application du code de travail international [39].
Ce manque de formation expose fortement le personnel à des Risques certains. Le personnel n’a donc pas conscience des Risques auxquels il est exposé par son comportement au travail. Il se met inconsciemment en Danger. Cependant, il y a une satisfaction au niveau de la prévention vaccinale [13].

ACCIDENTS ENREGISTRES
Seulement un dixième de l’effectif a été victime d’un accident professionnel reconnu. Ce résultat est faible devant celui de notre estimation prédictive. Le manque de registre de signalement d’événements pourrait expliquer cet écart. En effet, certains accidents au laboratoire sont négligés d’une part, d’autre part certaines expositions aux microorganismes et aux produits biologiques sont totalement imperceptibles. Exemples : les aérosols, les éclaboussures, les contaminations manu portées, le contact avec les objets souillés, la mauvaise manipulation des objets et des moyens de protection… [6].

PRISE EN CHARGE DE L’ACCIDENT
Le manque de registre de signalement d’événements [24], la négligence de certains accidents, l’imperceptibilité de certaines expositions sont autant de facteurs ne permettant pas une appréciation objective des accidents. Cet état de fait nous a amenés à réaliser des études prédictives.
Le taux d’accidents estimé est largement supérieur au taux enregistré. Ce qui nous donne une valeur économique estimative importante pour l’accident.
Cependant, les raisons évoquées plus haut nous rassurent quant à l’acceptabilité de nos résultats. Nous nous réconfortons à juste titre avec le Docteur Jean Goreux qui disait : « beaucoup de médecins ont fermé leur cabinet, pour éviter d'être obligés de reverser de 20 000 à 50 000 F français aux caisses, le motif étant que les dépenses, qui correspondaient à la demande des assurés, avaient trop augmenté. » [19].
Cette charge correspondant à la prise en charge de l’accident est évaluée à environ 30 millions de francs CFA. Si ce montant est évoqué dans un pays développé où l’Hygiène et la Biosécurité sont mieux gérées, nous comprenons les estimations dans un milieu où, le mauvais usage des moyens de protection et leur insuffisance font bon ménage.

CHARGE DE LA MORBIDITE
Nous avons étudié le coût de l’absentéisme engendré par l’état de morbidité du personnel technique. Nous avons obtenu 526,0155 millions comme perte économique [30]. Ce montant traduit bien la nécessité de gestion des risques.

CHARGE DE LA LETALITE
Nous avons calculé la charge de la létalité pour le service à partir d’une prime fixe déboursée par l’amicale des travailleurs en cas de décès. Cette prime est en dessous de celle qui devrait être, s’il y avait une véritable prise en charge. Elle est donc prise de manière indicative.

ORGANISATION ARCHITECTURALE ET ACCESSOIRE
Notre étude a révélé que l’organisation architecturale du laboratoire a des points de faiblesse. Les vestiaires sont mixtes et sans points d’eau. Des choses qui exposent le personnel aux souillures et aux contaminations manu portées. Les portes des laboratoires s’ouvrent sur l’intérieur. Une anomalie qui pourrait occasionner des étouffements en cas d’incendie. Le plancher du laboratoire est étanche. Les bureaux du service sont séparés des salles de laboratoire ce qui est conforme à la réglementation internationale. Par contre, le laboratoire a une seule entrée utilisée aussi comme sortie ce qui ne respecte pas les recommandations de la norme [ISO 15190 :2003] [28].
Les tabourets au laboratoire sont réglables, respectant ainsi les dispositions ergonomiques [8].

POLITIQUE DE GESTION DE L’HYGIENE ET DE LA BIOSECURITE AU CeDReS
La politique de gestion de l’Hygiène et de la Biosécurité est à définir car si elle est écrite, elle n’est pas publiée. Il ne peut donc pas avoir d’engagement [25].
La méthode technique d’entretien au CeDReS est le balayage à sec. Une méthode qui n’est pas adaptée à un laboratoire de microbiologie à hauts risques. Elle expose le personnel aux contaminations par voie aérienne [7].

GESTION DES DECHETS AU CeDReS
La gestion des déchets au CeDReS est incomplète, ce qui ne satisfait pas aux exigences de la norme ISO 15190 :2003 et au GBEA [1].
Elle est incomplète car elle s’arrête à la pré-collecte.
L’idéal serait que cette gestion soit complète, mais la procédure est admissible car elle garantit la sécurité microbiologique par la stérilisation thermique à l’autoclave. Cependant, l’entreposage reste sauvage car elle ne se fait pas en espace clos [15].
Nous pouvons conclure au terme de cette discussion que le CeDReS est un laboratoire à hauts risques eu égard aux origines infectieuses des prélèvements sur lesquels travaille le personnel.
Cependant, l’équipement et la qualité du personnel constituent un atout pour l’installation d’un management efficient du risque. La définition et la publication d’une politique de gestion de l’Hygiène et de la Biosécurité permettront un engagement du
Personnel. Mais avant tout, la formation et les stratégies d’intéressement de ce personnel sont plus que nécessaires.
STRATEGIE DE GESTION EFFICIENTE DE L’HYGIENE ET DE LA BIOSECURITE
Suite à l’identification et à l’évaluation des impacts du Risque, une stratégie de gestion efficace et positive prenant en compte les considérations économiques du Risque, nous a amenés à vérifier l’existence des cinq (5) dimensions managériales de ce Risque qui sont :
1) Une Gestion administrative du Risque
Elle passe par la définition d’une politique de gestion qui est le début d’un bon management [25]. Elle se traduit par un engagement écrit et publié. Cet engagement est une décision irrévocable, résolue et volontaire. Elle se traduit aussi par un certain nombre d’actes :
- la nomination d’un responsable qualité ou d’Hygiène et Biosécurité [25],
- son insertion dans l’organigramme de l’entreprise à une position privilégiée,
- l’incitation collective à l’adoption de la politique définie,
- la formation d’un comité d’Hygiène et Biosécurité,
- une bonne diffusion documentaire.
2) Une Gestion technique et préventive

Elle comprend :
- une étude environnementale comprenant une étude de Danger [26],
- une prévention technique (fourniture et installation d’équipements de protection appropriés)
- une maintenance technique
- l’écriture de procédures techniques
- une planification de formations continues.
3) Une Prévention médicale qui comprend :

- des vaccinations à jour,
- l’établissement de bilan de prise de service ou d’embauche,
- l’élaboration de procédures et plans d’intervention médicale et technique (POI, PPI) en cas d’accidents par une équipe spécialisée [26].

4) Une évaluation annuelle de la gestion qui se fait à travers :

- Un Audit sanitaire,
- Un contrôle de la Gestion.
5) Une correction ou une actualisation des méthodes.

C’est un apport de solution aux insuffisances ou aux défaillances décelées.
Le schéma managérial du CeDReS doit être revu à la lumière des cinq dimensions.
















































































L’exposition aux risques sanitaires dans les laboratoires médicaux en général, et en particulier dans les laboratoires de recherches médicales, constitue une préoccupation des autorités sanitaires.

Depuis quelques années, la notion d’Hygiène et Sécurité a évolué pour donner naissance à la notion d’Hygiène et Biosécurité.

La Gestion efficiente de cette notion, avec l’avènement de la démarche qualité, a permis de mieux maitriser les accidents de travail.
Cependant, les laboratoires des pays en développement restent encore des milieux à hauts Risques.

Bien que le laboratoire du CeDReS soit relativement équipé en matière de protection individuelle et collective, il ne fait pas exception à ce constat.

Notre étude qui porte sur le management efficient du Risque sanitaire au CeDReS vise à contribuer à une meilleure protection des travailleurs de ce laboratoire en particulier, et des laboratoires de biologie et d’analyses médicales de Côte d’Ivoire en général.

Après avoir identifié, analysé et hiérarchisé les Dangers et les Risques au CeDReS, nous avons évalué les impacts de ces risques.

En effet cinq (5) types de Dangers ont été identifiés lors de notre étude. Ce sont les Dangers biologiques, thermiques, chimiques, électriques et radioactifs.

Le virus du SIDA, de l’hépatite B et le bacille tuberculeux sont de loin les Dangers biologiques les plus exposants.

L’éther, le gaz butane, l’hydrogène sulfuré produit par certaines bactéries en culture, le toluène utilisé pour le nettoyage des microscopes sont les Dangers chimiques les plus exposants.

La méconnaissance des phrases de risques par le personnel, rendait la probabilité d’accident plus importante.

L’électricité constituait un Danger potentiel à cause de sa mauvaise utilisation (surcharge de prises, fils électriques de mauvaise qualité).

Les impacts économiques estimés de ces risques sont importants.

Cette étude nous a permis de faire des recommandations pour l’installation d’un management efficient du Risque.

Le personnel, à la demande de la Direction, a bénéficié d’un séminaire de formation sur la gestion des risques.
Cependant, l’installation d’un management efficient permettra de mieux protéger le personnel, les patients, les visiteurs et l’environnement.

Par ailleurs, le tableau d’équivalence déterminant les différents niveaux de sécurité, les facteurs de risques et le Profil Indiciaire du Danger dans cette étude, pourraient servir de guide aux auditeurs sanitaires et aux Inspecteurs des laboratoires dans l’exécution de leurs tâches.

















































Au terme de notre étude, il nous paraît nécessaire de faire les recommandations suivantes :

Aux autorités politiques et administratives :
- encourager et soutenir la démarche qualité dans tous les laboratoires publics et privés,
- nommer des Inspecteurs de laboratoire pour la surveillance de la gestion des activités à ha

4. DANHO GILDAS 06/03/2012

je suis très content d'être tombé par hasard sur votre rapport, je l'ai lu et j'ai été renseigné sur beaucoup de pratique en laboratoire que je ne savais pas malgré le faite que c'est mon lieu de travail.
Je vous en remercie et bonne continuation. Publier ce genre de rapport dans d'autres domaines de la science agroalimentaire.

5. Roandse (site web) 16/07/2012

Il est en effet plutôt rare de trouver de telles données sur internet. Merci à vous! Mon intérêt se porte sur les <a href="http://www.certoclav.com/fr/autoclaves-et-accessoires-pour-autoclave">autoclaves</a> et autres stérilisateurs dans les laboratoires, et j'ai trouvé ici beaucoup d'informations intéressantes. Merci encore!
Sophie

6. Roandse (site web) 16/07/2012

Il est en effet plutôt rare de trouver de telles données sur internet. Merci à vous! Mon intérêt se porte sur les autoclaves et autres stérilisateurs dans les laboratoires, et j'ai trouvé ici beaucoup d'informations intéressantes. Merci encore!
Sophie

7. MEA BEHEGBAN HONORA 12/08/2012

Merci Tiemelé pour cette contribution fort intéressante. Ce rapport nous conforte dans notre vision en tant qu'Ingénieur en Hygiène Hospitalière et Biosécurité.

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le Génie en laboratoire médical, est un spécialiste concepteur de stratégies et de méthodes pour le perfectionnement des prestations dans les laboratoires médicaux.Il est douillé en matière de laboratoire. Il est un expert-consultant dans le domaine de la biologie technique.

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